Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
Ecole pour la psychothérapie relationnelle et multiréférencielle
Méthode majeure. Elle comporte un modèle métapsychologique, le germe d’une anthropologie (théorie générale de l’être humain), une véritable doctrine, corps de savoir et d’enseignement, qui peut bien entendu comporter des incohérences là n’est pas la question, une aire de dispute interne et externe, une capacité critique et au débat.
Ni la psychanalyse, hébergée en psychologie et en psychiatrie à l’université, ni la psychothérapie relationnelle, ne constituent au sens universitaire du terme, des disciplines, dûment pourvues de chaires et de filières aboutissant au doctorat et à la recherche dans leur matière.
Cela pose la question du statut disciplinaire institutionnel de ces … disciplines, dont la formation s’effectue dans des Sociétés et Écoles non universitaires, ce qui s’explique pour une part importante par leur caractère implicatif. Leur savoir comporte une part importante de savoir être, d’un savoir-faire et d’un savoir faire être qui lui sont directement corrèlés, ce non-savoir, cette expérience de soi en relation avec un ou plusieurs autres – qu’on pourrait dire savoir relationnel, ne relève pas du type de savoir (rationalité procédurale) administré par l’université.
La médecine pourtant, avec sa clinique, et après elle et selon son modèle une certaine psychologie (d’inspiration psychanalytique, comme on se retrouve !), sembleraient avoisiner la problématique de l’intersubjectivité, apanage de nos deux disciplines rebelles.
En fait non, l’équation personnelle — avoir traversé soi-même une longue expérience psychothérapique ou psychanalytique, n’entre pas dans le cadre universitaire et même s’y adjoint mal, institutionnellement parlant. L’autre partie, l’apprentissage clinique proprement dit, n’est pas non plus toujours assuré, en particulier en psychologie, convenablement par les stages quoi qu’on en dise.
Il reste aux disciplines intéressées la responsabilité scientifique, morale et institutionnelle de s’autoréguler avec la rigueur nécessaire, et à revendiquer le statut de disciplines extra universitaires en qualité de disciplines de la dynamique de subjectivation via la relation intersubjective, prenant en compte d’une manière ou d’une autre l’hypothèse de l’inconscient et du transfert.
Leur articulation avec l’université peut se concevoir, à condition que cette dernière y soit prête, ce qui est loin d’être actuellement le cas, au grand dam des deux parties. Il y eut bien une expérience historique de ce type, avec en France au lendemain de la Seconde guerre mondiale l’hébergement de la psychanalyse au sein de la psychologie clinique (Dr. Lagache) et son alliance temporaire avec la psychiatrie, massivement impulsée par le Dr. Jacques Lacan. La contre-offensive "athéoriciste" à base neuronique et comportementaliste condensée dans les nouveaux DSM mit fin à ce précaire équilibre.
Chacun reprenant ses billes dans la nouvelle donne de l’après Accoyer, les deux disciplines jumelles du processus de subjectivation sont en train de se repositionner, la psychanalyse à l’ombre du statut de psychothérapeute de nouvelle désignation, la psychothérapie relationnelle hors de la zone de paramédicalisation médecine+psychologie. La figure structurelle du Carré psy demeurant intacte.
Philippe Grauer
Entrée en date du 30 octobre 2008 - mise à jour le 4 octobre 2011 - 2 décembre 2011 -.