Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
Ecole pour la psychothérapie relationnelle et multiréférencielle
Facile à comprendre. Le cadre nouveau institué par la loi Accoyer stipule qu’on n’a pas droit au titre désormais réservé de psychothérapeute si l’on n’est ni psychologue ni psychiatre ou médecin ni psychanalyste (Ces derniers généralement déjà répartis entre psychologie et médecine) [1].
Les Nininis doivent changer de nom, puisqu’il exerçaient la psychothérapie à titre exclusif, la psychothérapie relationnelle et uniquement elle, sans détenir de diplômes dans les disciplines voisines à présent détentrices du droit au titre.
On sait qu’il s’agit d’une confiscation de nom, ce que le législateur est toujours en droit de faire. Rien n’a été prévu pour accueillir les psychothérapeutes à titre exclusif dans le nouveau cadre, c’est normal, c’était prévu pour les éliminer. Affaire de corporatisme. Ils peuvent s’ils le veulent faire médecine ou psychologie, on ne saurait vraiment appeler cela une passerelle interdisciplinaire.
En fait nos praticiens et étudiants sont en train de se choisir un autre nom. Les noms de métier changent souvent, ça n’est non plus ni une catastrophe sans précédent (nous-mêmes avons déjà changé de nom, avant les années 80) ni une persécution forte. C’est une persécution mais faible : l’activité, le fait de pratiquer la psychothérapie ne leur est pas interdit, il leur est seulement interdit de le faire sous leur ancien nom. Ils ne s’appelleront plus psychothérapeutes mais psychopraticiens [2]. Au CIFP on forme des psychopraticiens relationnels de la variété multiréférentielle. Pour tous ces termes référez-vous à notre glossaire.
Dans toute l’Europe les psychopraticiens relationnels proviennent à 95 % de la reconversion. Cela crée une différence sensible avec des étudiants tout juste sortis d’étude, travaillant dans des collectifs hospitaliers, où ils apprennent sur le tas un tout autre métier au demeurant. Les psychopraticiens relationnels ont vécu, exercé un métier et des responsabilités, ils bénéficient d’une expérience de vie personnelle, ont atteint une maturité (n’oublions pas qu’ils ont parcouru eux-mêmes un itinéraire psychothérapique ou psychanalytique personnel important) qui leur permettent d’écouter la vie des autres à un moment de l’existence où ils ne sont pas eux-mêmes en train de la découvrir.
Philippe Grauer
Entrée du 20 août 2010, mise à jour le
[1] "Régulièrement inscrit"dans son association répertoriée : autre problème, ne traitons pas tout à la fois.
[2] La question n’est sans doute pas de savoir si notre nom comptera quatre ou cinq syllabes. Cf. à ce sujet notre éditorial d’août 2010.