Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
Sans spécification ce terme prête à confusion. La psychothérapie relationnelle s’est caractérisée (2001) pour marquer son territoire épistémologique et éthique propre.
Processus psychique opérant à partir de la conjonction d’un professionnel proposant un cadre déterminé et d’une personne entreprenant la démarche à partir de ce cadre de l’entretenir d’elle et des souffrances et conflits dont elle ne parvient pas à se dégager ou à résoudre. L’idée de psychothérapie se corrèle à celle de changement.
Toute psychothérapie comporte une théorie générale du psychisme humain, en relation avec une anthropologie, une psychopathologie, une méthodologie à engager pour aider par le moyen de la parole.
On distinguera
la psychothérapie de type objectiviste, d’orientation médicale ou psychologique, qui propose un traitement : un sujet agent expert administre des soins, fournit des directives, à un patient qui en est l’objet.
la psychothérapie de type relationnel, d’orientation psychanalytique ou phénoménologique, qui jouant sur la dynamique de la rencontre comme relation soignante en elle-même, dans l’entre deux intersubjectif, assiste par voie de dialogue l’intéressé à prendre soin et conscience de lui, mobilisant le souci de soi et l’engagement de sa responsabilité.
Il n’existe pas de définition officielle ou légale de la psychothérapie. La psychothérapie vue par un professionnel est celle qu’il pratique ou croit pratiquer. Souvent il conçoit difficilement qu’on puisse se la représenter autrement que lui.
Historiquement le terme apparaît dans le
On peut classer les écoles de psychothérapie ou méthodes selon une dizaine de courants, plutôt que les lister par simple inventaire rhapsodique, parfois fort prévertissant.
19 août 2011 – PHG
Terme désignant de façon générique tout travail psychique
de type cognitiviste comportementaliste, neuronal
d’adaptation personnelle et sociale ou de rééducation
processuel aboutissant à un récit de soi inédit au cours duquel le sujet ayant entrepris sa narration de soi s’atteint dans son être en qualité d’auteur de ce récit.
de type psychodynamique, inspiré par la psychanalyse, de découverte de soi en tenant compte du transfert, de la dimension de l’inconscient et du primat de la sexualité.
de résolution des problèmes de l’existence par la voie de la parole (écoute, accompagnement).
de résolution par l’avènement d’un sens.
Ce terme générique ne tient pas compte de l’organisation structurale du champ conceptuel, qui répartit la psychothérapie selon la ligne de partage épistémologique de l’implication intersubjective ou de la mise en œuvre d’une stratégie d’intervention objectiviste.
Ce terme ne permet pas de discriminer l’actuel basculement de paradigme de l’univers psy, où la psychiatrie redevenue neuropsychiatrie administre la santé mentale avec des méthodes et une épistémè objectivistes et managériales.
L’usage du terme psychothérapie est libre en France. En effet, fort heureusement, la tâche de définir (puis régenter, évidemment) "la" psychothérapie – entité qui pourrait mériter l’emploi du pluriel – incombe seulement aux praticiens et chercheurs des domaines multiples répondant diversement à cette appellation. En aucun cas au législateur. Notre mouvement ou mouvance comme on voudra, autour d’un collectif de chercheurs regroupés au sein du SNPPsy et de l’AFFOP, ont "décroché" de l’appellation générique, hétérogène, pour cerner et discerner le concept de psychothérapie relationnelle.
Jusqu’en 2001, ceux qui répondaient au nom de "Les psychothérapeutes" pensaient représenter eux seuls légitimement "La psychothérapie", celle que définissaient les deux syndicats historiques, que représenta et revendiqua l’Association internationale de psychothérapie, celle de la Déclaration de Strasbourg. Le Snppsy à la suite de toute une réflexion, en vint à concevoir que chacun se prétendant le seul représentant légitime de la psychothérapie telle qu’il la concevait, il convenait de discerner en sorte que nul ne puisse prétendre à l’universalité du nom ni du concept, sinon comme terme générique complexe et contradictoire dans ses fondements épistémologiques. Cela conduisit au Carré psy et corrélativement à la définition délimitée de psychothérapie relationnelle, débouchant sur une conception politique et scientifique d’articulation de blocs disciplinaires distincts.
Cela permit d’échapper aux confusions et de distinguer entre autres
la
la
la
Soin par la parole, accompagné ou non d’une dimension émotionnelle ou corporelle. La psychothérapie peut relever du soin-souci de soi (psychopraticien relationnel ou psychanalyste) ou du soin-traitement administré (médecin ou psychologue revêtu du titre réservé de psychothérapeute). Les deux types de soin se combinent parfois.
Art du psychothérapeute au sens général du terme et non uniquement du professionnel du psychisme psychologue ou médecin jouissant du privilège de ce titre en France [3]. Cependant aucun professionnel à partir de 2010 ne peut s’afficher comme psychothérapeute sans en porter légalement le titre. Tous ceux qui ne le peuvent pas se nomment dorénavant psychopraticiens, terme auquel ils accolent les déterminants qui le spécifie.
Psychothérapie relationnelle : "les psychothérapeutes qui œuvrent par dans et pour la relation [6], à partir d’elle et par son ressort, dans le cadre d’une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels.
La psychothérapie relationnelle [7] est issue du courant de la psychologie existentielle américaine des années 50, relancée sous le nom de psychologie humaniste puis de Nouvelles thérapies dans les années 70 et 80. Elle procède de la même éthique et méthodologie que la psychanalyse. Dont, sans pour autant émaner d’elle purement et simplement, elle porte souvent l’empreinte."
a) psychothérapeute 1 – terme générique, sens large. Professionnel pratiquant la psychothérapie – discipline vaste au champ hétérogène. Lorsque nous traduisons des textes étrangers ignorant notre spécificité nationale, nous sommes conduits à parler de psychothérapeute au sens générique, psychotherapist en globish. Lorsque nous traduisons des textes étrangers ignorant notre exception française nous sommes conduits à parler de psychothérapeute au sens générique, international. La langue aussi est têtue. Tout le monde continue de dire et penser psychothérapeute là où nous disons et imprimons psychopraticien. Dans la décennie qui vient nous verrons bien comment se fixera l’usage. La loi française introduit une ambiguïté terminologique en ayant fait d’un nom de profession un titre réservé.
b) psychothérapeute 2 – psychothérapeute par titre : en hexagonal, psychologue ou médecin (le psychiatre est médecin) ayant revendiqué son inscription à ce titre sur une liste régionale.
c) psychopraticien : nom de métier ouvert à tous, "psychothérapeute 1" (psychotherapist) exclu du (droit au) titre réservé dorénavant aux médecins et psychologues.
d) psychopraticien relationnel : praticien en psychothérapie relationnelle la plupart du temps à titre exclusif. Ce nom de discipline n’est garanti que référé à un organisme historique représentatif membre de l’AFFOP qui le cautionne. Psychopraticien relationnel du SNPPsy désigne un praticien qualifié professant la psychothérapie relationnelle en tant que discipline encadrée. Il s’agit d’uneappellation disciplinaire autorisée garantie par le SNPPsy (disposant de la marque INPI détenue par l’AFFOP au bénéfice des organismes qu’elle fédère).
e) titre de psychopraticien relationnel® : appellation protégée INPI. Désigne un praticien en psychothérapie relationnelle à titre exclusif relevant de la couverture procurée par l’AFFOP (dont est membre le SNPPsy père de l’appellation [4]). Il s’agit d’un titre. Nous l’avons aussi appelé altertitre pour marquer qu’il représente le pendant alternatif au titre paramédical de psychothérapeute. L’une des déclinaisons de ce titre professionnel est titulaire du SNPPsy. Elle signifie psychopraticien relationnel autorisé par le SNPPsy au
Une analyse épistémologique permet de subdiviser la psychothérapie en deux grandes familles.
1) le champ disciplinaire de la
2) le champ disciplinaire
a) la psychanalyse dans sa diversité (freudienne, kleinienne, lacanienne, etc.), et ses déclinaisons psychothérapiques (à base de transfert et d’écoute de l’inconscient) selon les écoles.
b) la psychothérapie relationnelle.
Issue des théories de la psychologie humaniste américaine, sur la base du constat de l’inadaptation de l’application à la psyché humaine de la méthode expérimentale propre aux sciences de la nature, la psychothérapie relationnelle a construit son paradigme sur le principe implicatif de la méthode expérientielle. Elle voisine la psychanalyse en l’infléchissant selon des méthodes actives et à médiation, adossée au principe de la phénoménologie. Développée dans les années 1970 sous le nom de Nouvelles thérapies – psychodrame, gestalt-thérapie, analyse transactionnelle, thérapies psychocorporelles (analyse bioénergétique, néo-reichienne, etc.), psychothérapie de groupe, etc. –, différenciée de la psychanalyse dont elles est cependant issue, elles en a conservé les fondements, le cadre et les modalités de formation, et en est demeurée épistémologiquement parente.
Ainsi la psychanalyse, discipline de l’inconscient, dans sa diversité, et – post freudienne – la psychothérapie relationnelle, discipline de la relation, peuvent, conceptuellement regroupées, se voir considérées comme ressortissant d’un courant épistémologique unique, œuvrant à la dynamique de subjectivation, paradigmatique des méthodes de type prescriptif objectiviste et cognitiviste.
Ces deux disciplines du psychisme axées sur la subjectivité et l’intersubjectivité, privilégient en effet essentiellement la relation thérapeute-patient comme ressort du changement. Ce qui impose à leurs praticiens un type de formation spécifique consistant à effectuer un travail psychothérapique ou psychanalytique personnel préalablement ou concurremment à l’acquisition des connaissances théoriques et méthodologiques propres, et à l’engagement dans une formation pratique.
De la sorte, les psychopraticiens relationnels (ex psychothérapeutes relationnels) tout comme les psychanalystes, reçoivent leur formation théorique en partie dans le cadre universitaire et leur formation spécifique, théorique et pratique, dans le cadre d’organismes ou sociétés professionnels. Ceci du seul fait qu’elles passent par une implication personnelle et expérientielle que le cadre universitaire, centré sur la rationalité procédurale, ne permet pas de mettre en œuvre. À noter que psychiatres et psychologues recourent souvent pour eux-mêmes à ces organismes de formation lorsqu’ils souhaitent pratiquer également la psychothérapie relationnelle.
En définitive on peut dire que les quatre professions du psychisme (psychiatre, psychologue clinicien, psychanalyste, psychopraticien relationnel (psychopraticien cautionné par le système institutionnel SNPPsy-AFFOP) pratiquent la psychothérapie (la psychanalyse en soi ne se classant pas comme psychothérapie à proprement parler mais acceptant parfois le principe de sa déclinaison psychothérapique), entité nous venons de le voir hétérogène. Ceci soit de manière uni-méthodique, soit poly-méthodique dans le seul cadre de la relationnellité, soit inter-méthodique ou plus rigoureusement interdisciplinaire, dans le cas de combinaison de méthodes issues des deux grandes familles disciplinaires prescriptive et relationnelle.
La coopération sur le terrain entre professionnels d’obédiences épistémologiques variées a d’ailleurs fonctionné de façon positive avant la nouvelle réglementation du titre de psychothérapeute par l’article 91 de la loi du 21 juillet 2009 (HTSP). Si préalablement à ce texte il n’existait aucune réglementation légale en la matière, ceux qui se sont appelés à partir de 2001 psychothérapeutes relationnels, conscients de la nécessité de procurer au public la garantie d’une éthique et d’un professionnalisme conséquents, avaient mis en place depuis bientôt un demi siècle l’encadrement de leur profession. Ils s’étaient regroupés pour créer successivement deux syndicats, le PSY’G (1975) puis le SNPPsy (1981), puis deux fédérations, la FFdP (1996) puis l’AFFOP (1998) [5]
avoir suivi un travail psychothérapique (ou psychanalytique) personnel accompli pour professionnels
avoir reçu une formation spécifique de haut niveau (incluant la psychopathologie nécessaire)
suivre une supervision et formation permanente durant toute leur vie professionnelle
adhérer à un code de déontologie spécifique
avoir été reconnu et confirmé par des pairs expérimentés.C’est sur la base de ces cinq critères qu’un processus de titularisation des professionnels par une Commission de pairs expérimentés d’une part, et d’agrément des organismes de formation d’autre part, fut mis en place, enregistrant professionnels et organisations sur des annuaires publics.
Mises à jour : 20 juillet 2011 – 19 août 2011 – 19 septembre 2011 – 11 septembre 2012 – 6 janvier 2013 –
[1] Souvent 15 minutes pour renouveler l’ordonnance, comment faire autrement ?
[2] Les remarques triviales du type qui dit psychothérapie dit obligatoirement relation révèlent la courte vue de ceux qui les formulent.
[3] Par ailleurs la langue insiste et psychothérapeute continuera de désigner en français commun un praticien de la psychothérapie quelle qu’elle soit, autrement dit continue et continuera de fonctionner comme terme générique. Voir ci-infra psychothérapeute 1.
[4] La propriété intellectuelle est celle de l’AFFOP.