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Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle

Ecole pour la psychothérapie relationnelle et multiréférencielle

Glossaire

psychothérapie relationnelle

Dernière mise à jour 14 novembre 2011

Voir aussi expérientiel

AVERTISSEMENT

Août 2010 — Comme de nombreux articles de ce glossaire celui-ci, écrit avant la promulgation de la loi dite Accoyer, la terminologie use du terme alors libre de psychothérapeute. Nous n’allons pas réécrire l’Histoire, et conservons donc nos textes tels quels, nous réservant des mises à jour pour améliorer les contenus. Ainsi au sens légal du terme il y aura des psychothérapeutes relationnels de toute façon, ceux des psychopraticiens qui peuvent prétendre au titre désormais réservé [1]. Les nouveaux psychopraticiens relationnels, ex psychothérapeutes ou non ont, chacun comprendra cela, pris le relais et ce qui se disait du ci-devant psychothérapeute relationnel vaut bien entendu pour eux puisqu’il les désigne.

5 nov 2010 — notre profession changeant (seulement) de nom, les psychopraticiens relationnels, praticiens en psychothérapie du même nom, seront peut-être moins sujets à confusion. Le substantif psychothérapie [2] demeure tout de même commun, le qualificatif de relationnel continuant d’être bien utile pour départager nos populations psys les unes des autres également pour distinguer le nom de métier : psychopraticien du titre psychopraticien relationnel®, délivré par le Snppsy.


La psychothérapie comme allant de moi

On ne peut plus sans confusion de nos jours parler de psychothérapie au sens générique du terme, en entendant : le type de psychothérapie que je pratique, et en l’appliquant aux autres comme allant de soi. Le terme psychothérapie est devenu un embrayeur (Shifter, en linguistique) fou. Un embrayeur c’est un mot que le locuteur investit au moment de le prononcer, et qui se met à désigner celui qui le prononce : Je désigne celui qui dit Je. Psychothérapeute ne peut plus jouer proprement cet office car celui qui emploie le terme le définit différemment selon son propre référentiel [3]. Chaque utilisation du terme dissimule un présupposé différent, selon le statut disciplinaire et professionnel de l’émetteur. Si on oublie de s’en préoccuper on est pris dans la logique du discours de l’autre sans même s’en rendre compte et l’on se voit inopinément privé de sa propre parole.

Cela permet le jeu retors de la présupposition [4], à savoir que celui qui parle de La psychothérapie, comme allant de soi, au lieu d’allant de moi – venant de moi (celui qui est en train de parler), plus précisément – embarque implicitement son interlocuteur dans son référentiel à lui le locuteur : le pervers renforce constamment ses adresses à sa victime de ses "nous sommes bien d’accord" dont elle ne parvient plus à se désengluer. Dès que vous lisez quelque part un développement, souvent savant, ça marche mieux, comportant un "nous sommes bien d’accord" – savant ou titré, disant implicitement "je suis vous le savez qualifié pour définir le savoir commun, par exemple universitaire ou psychiatrique, je dispose de l’autorité légitime pour parler en votre nom en même temps qu’au mien –, un développement qui vous embarque avant que vous ayez eu l’occasion d’examiner et réagir, vous voilà ficelé.

Ainsi aux yeux des psychothérapeutes relationnels, les psychiatres ne pratiquent nullement la psychothérapie puisqu’ils ne pratiquent pas la relationnelle. Pour les psychologues, les psychothérapeutes [5] (relationnels) qui ne sont pas psychologues cliniciens sont des imposteurs, puisque la psychothérapie, la leur, demeure l’apanage de l’enseignement universitaire, dont la pierre de touche est une certaine psychopathologie d’inspiration médicale (notamment DSM4), mais pas seulement, et ainsi de suite. La logique du carré psy exige qu’on parle de psychothérapie relationnelle lorsqu’il s’agit de ce que nous faisons, ce qui permet de comprendre qu’on ne saurait confier à un psychiatre ou psychologue le soin de nous examiner depuis leur logique professionnelle spécifique. Ni réciproquement d’ailleurs on l’aura compris.

Pour couper court à cet imbroglio constant, qui mène à toutes confusions, les psychothérapeutes qui œuvrent par dans et pour la relation  [6], à partir d’elle et par son ressort, dans le cadre d’une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels.

La psychothérapie relationnelle [7] est issue du courant de la psychologie existentielle américaine des années 50, relancée sous le nom de psychologie humaniste (1961, Abraham Maslow) puis de nouvelles thérapies dans les années 70 - 80. Elle procède de la même éthique et méthodologie que la psychanalyse. Dont, sans pour autant émaner d’elle purement et simplement, elle porte souvent l’empreinte.

Pour en savoir plus voir également Structure et épistémologie de la relation (2009).

Fiche sd, remise à jour successivement les 12 novembre 2010, 30 août 2011, 6 nov 2011.

Philippe Grauer

[1] En effet à l’avenir, certains d’entre eux ayant satisfait aux conditions de la nouvelle loi, pourront, s’ils en manifestent le désir (ce ne sera pas toujours le cas), en plus de psychopraticiens relationnels®, s’afficher en qualité de psychothérapeutes relationnels au nouveau sens du terme. La loi présente l’occasion de différents cas de figure, dont celui-ci.

[2] Qui lui n’est ni réglementé ni réglementable.

[3] À partir d’un texte de J.-M. Fourcade écrivant en 1997 : "Voilà pourquoi nous, psychothérapeutes, qui travaillons par la relation et dans la relation, nous avons, presque cent ans après la découverte de l’inconscient, généralisé l’exigence freudienne à l’ensemble du savoir et des pratiques psychothérapeutiques (par la déclaration de Strasbourg)." J’en ai tiré et proposé l’expression psychothérapie relationnelle, dont j’ai construit le concept dans le cadre du Carré psy, que le SNPPsy a adopté. "Nous sommes bien d’accord" (voir cette expression au § suivant), la vérité scientifique ne s’adopte pas elle se démontre, et dans nos disciplines approximatives elle ne se démontre même pas (et cela nous sauve peut-être la vie). Cela pour dire simplement dire que le si SNPPsy a jugé bon d’adopter cette ligne, il s’agit d’une prise de position non d’une légitimation scientifique.

[4] Cf. les travaux du linguiste Oswald Ducroc.

[5] L’usage s’est établi, venant de la période où nous nous disions et prétendions les seuls tenants du titre, que nous étions tout fiers d’avoir recréé, de dire les psychothérapeutes au pluriel pour nous désigner. La seule façon de s’en sortir fut d’ajouter le qualificatif relationnel, qui différencie et spécifie notre pratique et notre base épistémologique, théorique et clinique.

[6] Rien à voir avec la proposition à la Homais : mais par son principe même toute psychothérapie est relationnelle puisqu’elle engage deux personnes en relation thérapeutique. Dire psychothérapie relationnelle serait tout simplement tautologique. C’est Monsieur Homais qui s’embrouille dans sa platitude. Parce que voyez-vous dès que deux personnes s’adressent la parole il y a de la relation entre elles. Cela tombe sous le sens commun. Commun oui.

Non, certaines psychothérapies n’engagent pas profondément dans toute sa vitalité les deux protagonistes également en relation, dans le cadre d’une intersubjectivité intense. Seules celles qui exigent méthodologiquement que le praticien ait effectué un travail sur soi approfondi et suffisamment abouti, et que cette qualité d’être, ce savoir être et faire être tout à fait particulier bien connu des psychanalystes et praticiens en psychothérapie relationnelle, que cette qualité relationnelle soit engagée profondément dans le processus entre les deux protagonistes, sont qualifiables au sens fort du terme de relationnelles. Que l’engagement se joue sur une base phénoménologique ou psychanalytique, il reste moteur, à risque pour les deux en présence, et la dynamique de l’implication, intégrant la question du transfert, autrement complexe, délicate et puissante. Il s’agit ici d’un concept et non plus d’un lieu commun qui évacue la pensée. Nous nous trouvons alors véritablement dans l’espace épistémique de la psychothérapie relationnelle proprement dite. Toute "relation" psychothérapique ne présente pas cette caractéristique, toute relation n’est pas Relation.

[7] Pluriel ou singulier ? autre débat. un champ se définit au singulier. Ceux qui parlent de psychanalyses font comme s’ils n’avaient pas compris qu’une discipline peut comporter de la diversité tout en demeurant axée. La question de base se révélant alors d’admettre dans le même champ Freud et Jung. Voir notre commentaire au Jung du Manuel du Cifp (que dans certains cas nos documents continuent d’appeler brochure).

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