Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
Psychothérapie = 4 psys, 2 professions + 2 paraprofessions, 1 titre + 1 altertitre. À la marge des terrains vagues où buissonnent des plantes sauvages, entre lesquelles poussent les mauvaises herbes du charlatanisme. Le territoire de la psychothérapie relationnelle en est depuis un bon tiers de siècle soigneusement désherbé. Le populisme et le corporatisme réunis cultivent l’ignorance de cette information connue de tous.
par Philippe Grauer
Psychothérapie = 4 psys, 2 professions + 2 paraprofessions, 1 titre + 1 altertitre, 1 farce, 2 dindons, des éjectés de leur nom et titre d’origine qui se retrouvent privilégiés. Hors champ on repère différents terrains vagues. Quand l’État intime à l’intime de procéder étatiquement, que se passe-t-il dans la fourmillière bousculée ?
Étonnante équation style Sciences humaines. La psychothérapie se répartit entre deux professions (à diplôme universitaire), à l’ombre d’un néo titre, deux para professions (dont l’une, la psychanalyse, venant en doublon d’une des deux professions à diplôme universitaire, toujours de ce fait à l’abri du néo titre) et un altertitre. Quatre cadres professionnels – le Quatuor fondant la structure du Carré psy –, à l’extérieur desquels se tient la nébuleuse des activités ou professions hors champ.
Donc les professions se voient sanctionnées par un diplôme universitaire, les para professions par une reconnaissance de société savante ou un diplôme professionnel privé [1]. Les activités ou professions extérieures au champ du Quatuor, logiquement, sanctionnées par rien de l’ordre du psychothérapique, ne relèvent pas de l’espace commun au Carré psy. Dans le cadre duquel on distingue
progressivement retombant dans la neurologie et précipités dans le maintien de l’ordre psycho public. Victoire à la Pyrrhus des morts-vivants. Les 39 (d’anciens psychiatres-psychanalystes) protestent, mieux vaut tard que jamais. Il demeure que la médecine scientiste organiciste triomphe. Couplés au sécuritarisme l’organicisme et les TCC commencent à produire des fruits dangereux pour la citoyenneté et la démocratie. La santé mentale par son idéologie, son tout neurologique et DSM, son appareillage évaluationniste scientiste, son orientation hygiéniste sécuritariste, se présente comme une institution inquiétante.
Profession annexe : les médecins généralistes font de plus en plus fonction de psychiatres, administrant force neuroleptiques sans la compétence des psychiatres. Ils prétendront au titre médicalisé de psychothérapeute sans grande difficulté, un médecin peut tout faire. Parallèlement, devenir psychiatre pour un généraliste représente une rude tâche.
Variété finissante qui jouait beaucoup, dans le domaine clinique, sur le mixage de la psychologie et d’une influence psychanalytique qui pouvait aller jusqu’à avoir effectué soi-même un parcours psychanalytique plus ou moins important, rien n’étant obligatoire.
La spécificité réclamée des psychologues était d’une part la scientificité revendiquée de la psychologie, d’autre part leur formation en psychopathologie [2]. En tant que corps les psychologues cliniciens à la fois lorgnent vers une "scientificité" médicaliste et se gardent de se voir en aucune façon subordonner à la médecine sur son territoire hospitalier. Avec l’actuelle loi, d’ "évidence baisés par la médecine [3]" ils se retrouvent en qualité de psychothérapeutes subordonnées à elle, comme par l’Académie de médecine prévu et exigé.
La nouvelle législation réoriente les psychologues vers un titre de psychothérapeute, d’orientation médicale, et une éthique orientée elle dorénavant vers le comportementalisme et le cognitivisme. Paramédicalisés les voici premiers dindons de la farce qu’il ont jouée bien volontiers.
L’Appel des appels proteste, à juste et limité titre d’une casse des métiers (en ce qui nous concerne ils ne protestent pas du casse de notre nom auquel ils ont participé), faisant prévaloir à présent le message humaniste. Voleurs volés ils restent incapables en tant que corps de reconnaître les psychopraticiens relationnels, exclus par leurs corporatistes soins de la référence universitaire.
reconnus à ce titre par leurs sociétés savantes et institutions de référence, travaillant dans le domaine de la dynamique de subjectivation :
psychiatres, médecins ou psychologues de profession ils sont à l’abri d’un diplôme universitaire, et considèrent qu’ils remplissent plutôt une mission, un ministère, celui de l’écoute des formations de l’inconscient. Ils sont formés et reconnus par leurs associations. Un pourcentage non négligeable pratique hors cadre associatif. Voici à présent qu’ils vont se retrouver dans le dispositif d’État du nouveau titre de psychothérapeute, platement à l’écoute d’usagers, hors divan. Pour eux qui ont toujours revendiqué l’extra territorialité, le décalage par rapport à leur profession, le non rattachement direct à un système institutionnel, il s’agit d’une subversion en profondeur de leur identité et mission.
Les psychanalystes raccrochés au titre de psychothérapeute [4] via leur titre de psychologue à transformer, deviennent ipso facto professionnels de la psychothérapie, d’une psychothérapie sous influence médicale de surcroît, et perdent ainsi le caractère décalé, un peu à part, "extra territorial" qui représentait la spécificité de leur théorie et pratique (qu’ils dénommaient fièrement clinique, en rapport à leur métier de psychologues cliniciens ou de psychiatres ou médecins). Certaines sociétés et certains praticiens à titre individuel refusent le nouveau statut. Mais le mouvement général de mise aux normes accomplis bien le vœu de l’État. Seconds dindons. Politiquement ils n’ont pas été terribles.
Reconvertis pour la plupart, ayant fait leurs études dans d’autres branches, parfois n’ayant pas fait de longues études (bac + 3 ou 4) – à quoi il faudra tout de même ajouter les nombreuses années [5]passées à apprendre leur discipline [6]–, les psychopraticiens relationnels sont dans leur masse réputés moins intellectuels – il faudrait dire moins universitaires, mais cela peut changer [7] – que leurs collègues (par contre mieux assis dans leur expérience de vie, ils s’agit généralement de quadras), qui ne manquent pas de leur appliquer les principes de la distinction bourdieusienne, allant jusqu’à ne pas dédaigner de les appeler charlatans histoire de hurler avec les loups populistes et corporatistes du moment.
Ils ont effectué une longue psychothérapie ou psychanalyse, fourni 2 000 heures de formation dans une école spécialisée, aux pédagogie et didactique expérientielles, de qualité vérifiée par des institutions historiques au niveau d’exigence affiché et décrit [8], comportant une part importante de psychopathologie. Ils connaissent bien leur art et métier, la psychothérapie relationnelle qu’ils pratiquent en conscience et éthique, sachant qu’ils participent d’un mouvement humaniste et citoyen au sens exigeant de ce terme, qui requiert une certaine militance, vigilance en tout cas, idéologique et disciplinaire. Ils règlent leur activité professionnelle et leur recherche sur les Cinq critères du SNPPsy. Ils relèvent uniquement d’une des quatre organisations nationales historiques regroupées sous le sigle GLPR.
Ils pratiquent en libéral, l’hôpital leur étant fermé. Garantis par leur institution de référence, ils sont vraiment à l’écoute des gens [9]. Qui s’en rendent compte et les apprécient.
Attention, terminologie sensible. Ne pas confondre le nom de métier psychopraticien, non protégé, de l’altertitre garanti par un des quatre organismes du GLPR. Distinguer
le nom de métier : psychopraticien, libre
du nom de discipline : psychothérapie relationnelle, défini, pratiquée par les psychopraticiens relationnels, se réclamant d’un organisme membre de l’Affop – dont le SNPPsy (Philippe Grauer créateur du concept à partir d’un article de Jean-Michel Fourcade, 2001).
de l’altertitre : psychopraticien relationnel® membre ou titulaire du SNPPsy, garanti.
Les voici à présent proches de la situation privilégiée où se trouvaient il y a encore peu les psychanalystes, de décalage par rapport à l’État. Ils bénéficient imprévisiblement d’une extra territorialité qu’ils n’avaient pas sollicitée, et se disposent à en user au mieux, soutenant le privilège d’un certain indice de subversivité, appréciable en ces temps d’étatisation de tout, d’extension du scientisme, d’hyper réglementarisme et d’une évaluation galopante en incohérence avec son objet. Le public trouvera auprès d’eux l’alternative d’une pratique humaniste et libre.
On assiste au maintien d’une para profession dotée d’un système de reconnaissance syndicale et fédérale historique qui ne dispose pas de l’autorité d’État et du cumul avec une des deux professions à prestige, médecin ou psychologue, mais qui tient sa route, sa réputation, sa respectabilité, sa légitimité, au point que les tentatives d’inspiration populiste de campagnes de discrédit, typiques du mal français, les placent paradoxalement par un ironique retour des choses en position alternative avantageuse.
Le métier de psychopraticien reste ouvert. C’est nous qui avons créé le terme. À ce détail près qu’il a maintenant la valeur qu’avait le nom de métier de psychothérapeute avant que la loi n’en fasse un titre réservé. Tout le monde pouvait s’en visser la plaque comme affectionnait de le dénoncer fallacieusement le député UMP Accoyer, en effet. C’est même pour cela que depuis une quarantaine d’années nos institutions historiques responsables et représentatives ont institué un système de titularisation protégeant et les professionnels qu’elles garantissent et le public. La situation reste inchangée, du style plus ça change et plus c’est pareil. Pas tout à fait toutefois, vous venez de le constater en lisant la présente entrée.
Ce qui demeure c’est que le métier de psychopraticien n’est nullement garanti. Il faut pour cela spécifier la discipline (psychothérapie relationnelle), l’institution qui l’encadre (l’un des membres du GLPR), le titre qui homologue (il en existe trois et trois seulement, dont psychopraticien relationnel®).
usurpateurs d’identité
En dehors de cela une masse indistincte de praticiens de toutes sortes, associant le spirituel à l’accompagnement de développement personnel ou de coaching, au chamanisme, à dix autres activités, respectables ou non sous leur nom selon des critères qui leur appartiennent, mais pas sous un faux nom. Certains de ces praticiens s’ils se piquent indûment de "thérapie", constituent le lot (sans doute pas considérable en effectif, le gonflement de leur nombre aux proportions du fantasme relève de l’opération panique à bord) des vrais charlatans. Ils le sont seulement en qualité d’usurpateurs de notre nom, s’ils s’autoproclament psychothérapeutes ou psychopraticiens, et désignent indûment de ces noms leurs services, qu’aucun corps identifiable et reconnu historiquement et scientifiquement ne garantit et valide à ces titres, dont personne ne peut rien dire sinon qu’ils n’ont pas le droit moral et professionnel de parler de psychothérapie [10]. Ils évoluent hors champ, nous n’avons pas compétence pour évaluer leur pratique. Seulement pour veiller à ce qu’ils ne la pratiquent pas sous un nom d’emprunt. Quand ils évoluent hors de notre nom le simple fonctionnement normal des lois et usages suffit à distinguer ce qui doit l’être.
malformés
Une deuxième catégorie de personnes dangereuses regroupe les insuffisamment formées, ayant déserté leur école avant terme ou ayant pratiqué une école de qualité insuffisante, non répertoriée ni garantie dans l’un des organismes reliés dans le cadre du GLPR. Le plus souvent dépourvues de supervision – en tout cas de supervision digne de ce nom, elles se jettent dans l’arène quand elles ne sont pas du tout sûres de vaincre. Elles se mettent en danger elles-mêmes, ainsi que ceux qui recourent à elles. Souvent elles attirent peu de monde, et il n’y a que demi mal de ce fait, mais certains peuvent se révéler dangereux et populaires, les dégâts n’apparaissant qu’ultérieurement. Pas d’affolement, ils ne sont pas non plus légions. Mais c’est pour éviter ces mauvaises rencontres que les institutions historiques du GLPR ont mis en place le cadre sain de leur profession. D’où l’intérêt quand on entreprend une psychothérapie de s’assurer des références du professionnel auquel on a affaire.
Que va devenir un demi-diplômé en psychologie ? titulaire d’un Master 1 en Psychopathologie et psychologie clinique, s’il se voit refuser l’accès au Master 2, la sélection universitaire se restreignant à ce goulet d’étranglement (dont personne n’est prévenu au démarrage des études) que va-t-il pouvoir honnêtement faire ? tenter une énième fois de candidater au Master 2 ! et si ça continue de bouchonner, après des années d’études on devient quoi ?
Se lancer comme ça en libéral en qualité de psychopraticien, nom de profession libre ? Sans avoir jamais appris le métier de psychopraticien relationnel se retrouver à courir à grande vitesse avec sa petite moto tous terrains sur la piste des circuits automobiles de formule 1 ? On a appris des choses, on sait, mais quoi ? pas bien et pas les bonnes choses. À un psychologue qui lui demandait de lui consentir des conditions financières avantageuses au regard de sa qualité de psychologue (accompli) pour apprendre la psychothérapie relationnelle dans son école Jacques de Panafieu répondit un jour, pour toi ce serait plutôt 10% de plus que de moins, car il va falloir redresser tes déformations acquises et cela va nous donner du fil à retordre.
Il faut prévoir une reprise véritablement importante, de plusieurs années d’études accompagnées d’une psychothérapie ou psychanalyse individuelle, pour prétendre à une pratique honnête de la psychothérapie relationnelle si l’on est psychologue inabouti. Or malheureusement ça coûte cher puisqu’on se retrouve face au circuit privé, il faut payer les enseignants, la structure, le local, de sa poche. Et si on n’a pas d’argent qu’est-ce qu’on devient, qu’est-ce qu’on fait ? C’est vraiment malheureux de traiter les étudiants comme ça mais c’est ce qui se passe bien souvent. Ceux qui se jetteront quand même dans une profession qu’ils ne connaissent pas car ils en ont appris une autre, constitueront un cas de figure de charlatanisme objectif, souvent de bonne volonté mais inconscient et d’autant plus dangereux, à la fois pour la personne et pour ceux auxquels elle voudrait s’adresser. Il ne leur reste plus qu’à devenir éducateur, mal payé et pas forcément formé pour ça non plus mais au moins là on se trouve hors du cadre de la malpratique.
Sinon, reconversion pour eux aussi. S’ils veulent entrer dans la profession voisine mais bien distincte de psychopraticien relationnel ils ne pourront éviter de s’y former convenablement – compte sera tenu de leur savoir disciplinaire voisin mais l’équivalence demeurera partielle.
organismes à garanties insuffisantes
Autre cas de malfaçon, une troisième catégorie se constituerait de fédérations ou organismes n’offrant pas toutes les garanties nécessaires, au sein desquelles viendraient se loger des praticiens insuffisants. Nous ne pouvons les lister ni n’avons à le faire, le maccarthisme s’est toujours révélé un remède pire que le mal, paradoxalement de nature comparable à celui-ci au bout du compte. Il est plus intéressant et politiquement sain de lister les bons, d’informer sur leurs critères et systèmes de garantie, que de blacklister les mauvais (dont les lois de la République répriment déjà normalement les activités répréhensibles).
dérives sectaires
Mentionnons enfin les sectes, franchement faussaires si l’on peu dire, pour mémoire. Les sectes prétendent utiliser une vague terminologie psy et quelques techniques psychologiques détournées à leurs fins manipulatrices. Elles relèvent d’une logique nocive aggravée. Elles n’ont bien entendu rien à voir avec ceux dont elles singent la pratique. Plus dangereuses, elle nécessitent vigilance et application de la loi concernant leurs activités répréhensibles.
chiffon rouge
C’est en agitant comme chiffons rouges tous ces dangers bien réels, contre lesquels se sont à temps prémunies les organisations responsables regroupées dans le cadre du GLPR, que les psychologues en particulier, à présent sous les couleurs du nouveau titre de psychothérapeute qui les paramédicalise, les pauvres, et certains psychologues-psychanalystes qui ne distinguent pas à l’œil nu un psychopraticien relationnel d’un cognitiviste (l’un est leur allié l’autre leur adversaire) affectent d’amalgamer les psychopraticiens relationnels clairement identifiables et éthiques, aux imposteurs qui leur sont parfaitement étrangers.
choisir d’évoluer en terrain suffisamment sécurisé
En effet qui s’adresserait aux imposteurs en les amalgamant au domaine des professionnels du psychisme prendrait des risques graves. Il importe de s’adresser en la matière balisée par le Carré psy à un praticien repérable et assignable. De ce point de vue l’honnête electron libre devient un cas de figure hors cadre, l’exception confirmatrice de la règle. Remarquons qu’aucun système même totalitaire n’est jamais venu à bout des électrons libres. Il restera toujours des zones grises et des zones franches, elles sont systémiquement nécessaires. Le risque zéro relève seulement du fantasme. Persécuter les hors champ ne servirait à rien, on n’a jamais supprimé les marges. On peut se contenter de fréquenter le territoire où l’on obéit aux lois de l’Empire.
Ne pas oublier que c’est de cette nébuleuse à la marge que les institutions historiques de la psychothérapie relationnelle, depuis un tiers de siècle se sont démarquées, délimitant les frontières de leur domaine, se donnant leurs bonnes règles, assises sur le principe des Cinq critères, héritées de la psychologie humaniste et d’une psychanalyse alors libre.
Entrée créée le 24 juin 2011, mis à jour le 29 juillet – le 4 octobre 2011 – le 15 novembre 2012 – 27 décembre 2012 –
[1] Mais non professionalisant ! En effet la profession de psychopraticien est bien homologuée (fin 2012), mais non validée d’État. Le diplôme délivré par les Écoles agréées AFFOP ou FF2P (attention il existe des différences de modalités d’agrément entre les deux fédérations mais ceci relève d’une autre question) destine en principe essentiellement à l’exercice libéral. Sans le titre de psychothérapeute il est hautement improbable de trouver de l’emploi dans l’univers hospitalier. Résultat, restrictions au subventionnement des études par certains organismes attributeurs.
[2] Glissement puis glissade, comment à une conséquente formation en psychothérapie relationnelle ou psychanalytique s’est substitué le faux semblant consistant à requérir des psychopathologues à la place ? De toute façon notre actuelle université ne veut ni de l’une ni de l’autre. Elle nous en laisse le privilège, opprobe à ses yeux, bénéfice pour nous, bienfait pour la population.
[3] L’Evidence Based Medecine, la médecine étayée par la preuve, ayant engendré l’Evidence Based Psychology, constituera la matière d’une fiche à venir.
[4] Qui n’est qu’un titre et non une désignation professionnelle juridiquement parlant, mais se met à fonctionner comme nom de métier, puisque pour exercer en tant que psychologue (profession) il faudra arborer le titre (devenu de ce fait condition d’exercice professionnel).
[5] 2000 heures minimum.
[6] Pratiquée dans le cadre du métier re-nommé de psychopraticien.
[7] Cela aurait dû et devrait changer. Le SNPPsy, au cours des années 80 du siècle précédent, au moment où il représentait massivement la profession naissante, avait conçu la maquette d’une École pratique des hautes études en psychothérapie, qui articulait les programmes des Écoles avec l’université et la recherche. C’était sans compter avec les orientations et mentalité universitaires, et avec le corporatisme des psychologues. L’actuelle loi confirme que les actuels psychologues, réorientés médecine par dessus le marché, refusent le principe même d’une collaboration au bénéfice d’une totale subordination avec les ex psychothérapeutes d’un revers de mot expédiés en charlatanerie. Qu’ils commencent par faire leurs études régulières en psychologie, ensuite qu’ils se livrent à leurs fantaisies, tout comme les psychanalystes. Sinon, ils auraient accueilli en psychopathologie les étudiants "charlatans" des Écoles agréées par nos soins (quitte à les revérifier à leur guise) pour leur administrer le complément jugé indispensable. Repenser et réorganiser l’ensemble du champ sera la tâche de la génération qui vient. En attendant profitons du cadeau collatéral de l’extra territorialité dont nous héritons.
[8] L’Affop a consacré quasi exclusivement ses deux premières années d’existence à critériser son système d’agrément des Écoles, qu’elle a soigneusement appliqué à chacun des organismes candidats.
[9] Une écoute de type voisin de celle appréciée chez les psychanalystes quand ils savent donner à la relation toute la dimension humaine qui fit un temps leur réputation. L’écoute et bien entendu les interventions qui vont avec, dans des séances suffisamment longues, présidant au processus de subjectivation.
[10] Terme vaste ouvert à tous vents. Laissons-le tel quel. Contentons-nous de le spécifier en ce qui nous concerne. Nos activités sont couvertes par notre système d’alter titres (dont psychopraticien relationnel®) et nom de praticien de discipline – psychopraticien relationnel, revêtu de l’autorité morale du SNPPsy –, celles des psychologues et psychanalystes par celui de psychothérapeute pour définir ce qu’ils proposent. Hors de ce balisage on prend des risques. C’est le moment de se souvenir du fameux "laissez-nous nos charlatans".