CIFP

Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle

Ecole pour la psychothérapie relationnelle et multiréférencielle

Devenir psychothérapeute relationnel & multiréférentiel de nos jours

[2 mars 2007]

Mise à jour 30 août 2011 :

psychothérapeute nouveau régime : réservé aux psychologues, psychiatres, médecins

La procédure s’est simplifiée, les analyses produites ci-dessous restant valides dans le fond. Pour obtenir le titre de psychothérapeute nouvellement créé il faut et il suffit d’être médecin, psychiatre ou psychologue. Rien d’autre ne le permet : titre désormais en France réservé à ces corporations.

On peut par contre exercer la psychothérapie en qualité de psychopraticien et sous le titre de psychopraticien relationnel (SNPPsy)

À la latine, c’est le titre qui est protégé, par la discipline, sous la couverture professionnelle de l’un des quatre organismes membres du GLPR avec le nom de profession de psychopraticien et le titre professionnel garanti de psychopraticien relationnel (SNPPsy) [1] + des noms de spécialité – par exemple multiréférentiel.

Il faut pour cela être diplômé d’une École agréée comme la nôtre (agréée AFFOP), ce qui représente 2000 heures de formation par reconversion.

Article mis en ligne le 2 mars 2007.

 Rendu au 3 novembre 2010 la terminologie a changé. On devient de nos jours psychopraticien relationnel et multiréférentiel. On peut également devenir psychothérapeute relationnel en ayant accompli le cursus titularisant universitaire, et en ayant appris la psychothérapie relationnelle auprès d’une École de type Cifp. Même chose pour la multiréférentialité telle que nous en dégageons le concept.


On devient psychothérapeute relationnel et multiréférentiel de nos jours (2 mars 2007) :

1) PAR RECONVERSION

Toutes sortes de personnes ayant déjà parcouru un premier itinéraire professionnel, et la plupart du temps s’étant déjà engagées dans une démarche personnelle, psychothérapique ou psychanalytique, apprennent ce métier à l’âge mûr. Leur maturité constitue un atout.

Les pouvoirs publics ont du mal à intégrer cette dimension essentielle de notre profession, qu’elle n’est pas pour l’instant une profession de jeunes étudiants (et peut-être ne le sera jamais), qui sortiraient à 23 ans diplômés psychothérapeutes relationnels, et tant qu’à faire diplôme pourquoi pas des études de psycho ou de médecine. Vous le verrez en lisant la suite, toute, en tout cas une bonne partie de la question est là. Mais c’est la même chose pour la psychanalyse, et elle ne s’en est pas si mal sortie jusqu’à présent. Pourquoi pas nous, pourquoi pas vous ?

Le cursus d’un minimum de cinq années universitaires que nous proposons quant à nous garantit la professionnalité du diplôme que notre École décerne, couvert par la garantie européenne du Certificat européen de psychothérapie intégrative délivré par l’Association européenne de psychothérapie intégrative, dont est membre la FFRAPIM, fédération française de psychothérapie intégrative et multiréférentielle, dont le CIFP est l’un des membres fondateurs.

2) PAR FORMATION PERMANENTE

Lorsqu’on est déjà psy — psychothérapeute, psychanalyste, psychologue, clinicien ou non, et qu’on éprouve le besoin d’explorer davantage, plus profondément, plus systématiquement, de refonder son champ théorique et de pratique dans le domaine complexe de la psychothérapie relationnelle intégrative et multiréférentielle. Dans ce cadre, les professionnels déjà engagés dans une pratique continuent, bien entendu d’exercer, ils le font comme par le passé sous leur responsabilité, jusqu’au moment où ils entrent dans la zone de responsabilité du Cifp, exactement comme les autres étudiants parvenus à leur démarrage d’exercice.

L’avantage pour eux, c’est qu’ils profitent à mesure de l’approfondissement que notre École leur permet, et de l’interrogation et remise en question constante, en même temps qu’est prise en compte leur expérience, rendues possibles par leur présence dans un groupe, véritable outil de transformation au singulier pluriel.

3) PAR LA VOIE ACADÉMIQUE + CURSUS DANS UNE ÉCOLE GÉNÉRALISTE (DE TYPE CIFP)

• a) EN PSYCHOLOGIE

Pour des jeunes gens qui entreprennent leurs études et découvrent que la psychologie universitaire est incapable de former à la psychothérapie relationnelle. Ce dont soit dit entre nous ses professeurs d’inspiration cognitiviste conviennent volontiers, qui proposent de substituer des psychopathologues aux psychothérapeutes relationnels dans un but corporatiste, avec des visées idéologiques comportementalistes passablement réductrices et rétrécissantes, directement opposées au projet humaniste qui est le nôtre.

Dans ce cas de figure les jeunes gens en question auront du pain sur la planche. Il leur faudra suivre

• leurs études en psychologie (parfois par correspondance)

• une psychothérapie ou psychanalyse personnelle

• un cursus dans une École comme la nôtre.

Cela nécessite une bonne organisation. Les alea de la législation en cours pourraient à l’avenir les dispenser d’une partie du cursus universitaire, ce qui allégerait leur formation, mais rien n’est joué pour l’instant.

Il demeure par ailleurs, que les étudiants en psychologie sont actuellement confrontés à une crise. Nombreux sont ceux qui ne pourront pas aller jusqu’au DESS, ou Doctorat 2 (600 par an pour toute la France), et qui n’auront rien dans les mains au sortir de leurs études. Reste la perspective de devenir psychothérapeutes relationnels, en faisant ce qu’il faut pour cela, ce à quoi un nombre important d’entre eux aspirait réellement depuis le début, ça tombe bien.

Ce métier est difficile d’accès. En un sens, tant mieux. C’est qu’il s’agit de rien moins que se trouver dépositaire, témoin interactif du problème de vie de personnes souvent en période de crise, souvent pour une longue durée (comptée en années). Ça n’est pas un diplôme académique confirmant un savoir théorique agrémenté d’un passage stagiaire dans un lieu de soin, même compensé par une démarche personnelle — c’est mieux mais il en manque un gros bout, le passage par nos Écoles, qui produira la compétence requise.

Les psychologues le savent, plus ou moins clairement. La plate-forme que viennent de rendre publique cinq organisations nationales de psychologues (moins le SIUEERPP dirigé par Roland Gori, qui gère l’essentiel de la psychologie clinique où la psychanalyse a toute sa part), réclame la psychothérapie (au sens générique du terme, bien entendu) pour les psychologues, en admettant pour finir qu’il faudrait un minimum de trois années de formation spécialisante pour qu’ils deviennent véritablement psychothérapeutes. Au sens générique toujours, bien entendu. Ce qui fait cinq ans pour les relationnels, nous sommes bien d’accord. Là où se manifeste le désaccord, c’est que cinq ans, c’est la durée standard d’une formation professionnalisante. Il faut donc que cela reste une spécialisation pour que la psychothérapie relationnelle ne soit jamais considérée comme une profession à part entière, vive le corporatisme ma mère, je parle de l’alma mater, CQFD.

En attendant, ceux qui tentent malencontreusement l’aventure de se lancer sans la capacité dans la carrière se rendent rapidement compte de l’étendue du désastre. Ceux qui ne s’en rendent même pas compte sont dangereux, pour les autres et pour eux-mêmes.

• b) EN MÉDECINE

Pareil, voire pire, pour les médecins, propulsés psychiatres de fait sans études en psychiatrie (quatre ans !), démarchés par les visiteurs médicaux leur vantant les produits miracles susceptibles de calmer les plus désaxés à coups de gélules, innocents de la relation car ils confondent consultation et séance, leur incompétence peut devenir incommensurable, compensée institutionnellement seulement par une prétention corporatiste à la toute puissance parfois vertigineuse.

C’est ainsi qu’un homme politique ORL incompétent dans le domaine de la psychothérapie, ce qu’en soi on ne saurait lui reprocher, s’étant associé à un psychiatre bien particulier mais collègue de sa circonscription, s’est lancé dans l’extrémisme un peu fou de convaincre la représentation nationale qu’il fallait confier au plus vite la psychothérapie au sens générique (il ne sait pas faire le détail avec la psychothérapie relationnelle, multiréférentielle n’en parlons pas) aux seuls médecins et psychologues — salut la corporation ! certains psychanalystes dont il attendait les bonnes grâces avant que ses amis n’entreprennent de les liquider, ayant négocié dans ce plan une place d’exception.

Quelle que soit l’issue légale de cette aventure populiste engagée auprès d’une Assemblée nationale comportant de nombreux médecins, les médecins ne s’en trouveront pas pour autant qualifiés, même dans le meilleur des cas à l’issue de quelques stages aux Caraïbes offerts par les laboratoires Untel, ou au mieux par une seule année (c’est toujours mieux que rien, mais pas tellement mieux) d’une exceptionnelle formation accélérée au titre d’un DU. Comme les psychologues, rien ne les dispensera de passer par nos Écoles s’ils prétendent à notre métier. Sinon, ils n’auront au mieux que la compétence d’un infirmier psychiatrique et bonjour les dégâts.

4) PAR DÉRIVATION, psychanalyse

par dérivation de la psychanalyse à la demande en psychothérapie relationnelle.

La plupart des psychanalystes effectuent une grande partie de leur service au titre assumé ou non de la psychothérapie relationnelle. La clientèle de base en psychanalyse pure est représentée par… les psychothérapeutes relationnels, ainsi que par un reliquat de la clientèle de la psychanalyse. Une proportion imposante de personnes entreprenant une démarche auprès d’un psy (le public prend soin par l’usage de cet apocope de ne pas s’embarrasser de déterminer psy-quoi) est demandeuse de psychothérapie relationnelle. Relationnelle n’est pas dit, mais implicite, car il est bien demandé que ce soit dans ce cadre et à partir du ressort de la relation que le processus se déroule.

Adaptation du cadre (une fois par semaine ou moins), prise en compte du souci du symptôme (sans devoir pour autant s’attaquer à le résoudre, puisque c’est son discours même qui constitue l’affichage du problème de la personne), face à face, règles plus souples, la psychanalyse passe de plus en plus à la psychothérapie relationnelle, qu’elle le veuille ou non, qu’elle en soit consciente ou non. Cela d’ailleurs la met en crise. Une crise qui peut devenir bénéfique si elle est prise en compte et assumée. Élisabeth Roudinesco écrit que la psychanalyse dérive à la psychothérapie, comme s’il s’agissait d’une sorte de déchéance scientifique et théorique. La grande période de la psychanalyse reine serait ainsi le dernier tiers du XX ème siècle.

Elle ne sera plus jamais reine, probablement, son règne n’étant pas pour autant aboli. Son influence demeure considérable, et justifiée, par un corps de concepts considérable, une recherche jamais épuisée, une clinique féconde. Sa toute puissance n’est plus. Le surgissement du champ voisin de la psychothérapie relationnelle représente pour la psychanalyse une limite et une ressource. Sa vitalité scientifique (au sens de science humaine) intacte demeure une source d’inspiration féconde pour la psychothérapie relationnelle, à laquelle en retour, et sans forcément vouloir annexer certains éléments (intégrativisme assimilationiste, mixage hégémonique) elle peut recourir pour repenser certains éléments de la clinique contemporaine.

Les deux disciplines cependant entendent demeurer bien distinctes. Les psychanalystes quels qu’ils soient, s’ils veulent pratiquer la psychothérapie relationnelle en une ou davantage de ses disciplines singulières, doivent eux aussi les apprendre. Fini le temps de la science infuse ou il suffisait de pratiquer une discipline pour s’autoriser dans plusieurs autres par une opération de cumul minimal quant à l’effort de formation, maximal quant à l’arbitraire de l’autoproclamation.

Il faut ajouter que la psychanalyse comme la psychothérapie relationnelle, se transmet essentiellement, fondamentalement, hors l’université, même si celle -ci en dispense des cours, ou délivre des cours de psychologie clinique (peau de chagrin) d’inspiration théorique psychanalytique en psychologie. La psychanalyse comme on sait, s’est fait héberger en psychologie à l’université, elle s’est académisée chez autrui [2]. La psychologie reprenant ses billes cognitivistes, et elle en a bien le droit, la psychanalyse se trouve bientôt académiquement parlant sdf.

Les psychanalystes, formés en dehors de l’université par définition, même s’ils y détiennent quelques postes — l’enseignement universitaire et la transmission sont deux choses bien différentes, conservent jusqu’ici le sentiment d’être seuls au monde de la dynamique de la subjectivité et de l’inconscient, leur territoire propre. Ils se représentent la plupart du temps la psychothérapie prise comme terme générique (qu’ils ne distinguent pas de la relationnelle) au mieux comme une sous-marque de la psychanalyse, au pire comme un amoncellement sans valeur de méthodes plutôt primitives centrées sur le symptôme.

Ce mépris est celui d’une génération, élevée dans la conviction et l’illusion d’une sorte de monopole aristocratique. Or, quelle que soit la façon dont on peut considérer la chose, le mépris est parfaitement étranger à l’esprit scientifique confraternel, et surtout à l’éthique même de la psychanalyse. Cette perte de valeur dégrade la psychanalyse, et c’est dommage pour elle et pour tout le monde.

Aux psychothérapeutes relationnels formés dans nos Écoles, devenus eux-mêmes également (aussi) psychanalystes, en tout cas analysés, d’assurer le relais et d’établir dans le premier quart du XXI ème siècle le nécessaire et fructueux dialogue interdisciplinaire entre les deux côtés du carré psy qui délimitent ensemble le triangle du processsus de subjectivation.

CONCLUSION

Que ce soit par la voie privilégiée de la reconversion, par la voie naturelle de la formation permanente, par la voie académique d’études universitaires en psychologie ou en médecine, qui ne dispense ni d’une démarche professionnelle approfondie ni du passage en parallèle ou par la suite par nos Écoles, la formation qui vous transformera en psychothérapeute relationnel et multiréférentiel relève d’une longue et passionnante aventure, au service de l’humanité en vous et autour de vous. Elle peut vous conduire à une vie de recherche clinique et théorique, à l’exercice d’une pratique la plupart du temps en libéral, qui demeurera encadrée par des institutions dont nous garantissons la rigueur et l’éthique, le SNPPsy et l’AFFOP, qui nous ont agréés à l’issue d’un examen minutieux.

Le passage par nos Écoles est devenu, en un tiers de siècle, incontournable. Bienvenue au CIFP, dont l’équipe s’efforce de mettre à votre service une expérience de plus de vingt ans d’ouverture, d’exigence, de pratique de la mise en doute et de la complexité. Praticiens du complexe, vous en sortirez sujets de votre histoire, davantage vous-même, et c’est bien la moindre des choses et au passage le plus grand des bénéfices, de la part de qui s’apprête à contribuer en professionnel compétent et confraternellement garanti à ce que d’autres, par l’intermédiaire de la relation, s’engagent sur cette voie.

[1] Le nom d’organisme entre parenthèses varie, dans le cadre de ce qu’autorise le GLPR.

[2] Il existe bien une UFR psychanalyse hérité de Lacan à Paris 8-Vincennes à Saint -Denis, mais son port d’attache est la philosophie. Comme il n’existe pas de titre légal de psychanalyste — ce qui ne constitue pas du tout un malheur, académiquement parlant, la psychanalyse n’existe pas. Est-ce regrettable ? Répartie entre sociétés et UFR in partibus, elle se dispense sur ses propres territoires institutionnels et symboliques. Les récentes tractations pour la mettre à l’abri du parapluie Accoyer ne se révèlent pas si brillantes

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