Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
PARIS — vendredi 27 janvier 20:00-23:00 samedi 28, 10:00-17:00
[6 janvier 2012]
Les 27-28 janvier 2012
par Philippe Grauer
L’ouvrage de référence de Jean-Michel Fourcade, La psychothérapie émotionnelle des patients-limites. Paris, DDB, 1997, 327 p., réédité et mis à jour récemment sous le titre Les patients-limites : psychanalyse intégrative et psychothérapie, ainsi que, du même, Les personnalités limites : hypersensibles, à fleur de peau, écorchés vifs... tous borderline ? Eyrolles, 2011, VIII-188 p.- davantage grand public, agrémenteront profitablement cette intéressante journée.
On nous rebat les oreilles, à la suite du DSM, des troubles addictifs, sans les réintégrer à un cadre psychopathologique qui leur donne sens. Voici une occasion de prendre enfin à propos de cette zone psychopathologique bien fréquentée de nos jours un peu de hauteur théorique et d’intelligence clinique. Le travail de régression que notre psychothérapie relationnelle connaît bien permet d’explorer jusqu’aux extrêmités où vont loger les patients-limites et de les y accompagner efficacement, non sans affronter le danger de s’exposer à des surcharges difficiles à contenir.
Par Manuel Barroso
Les cas-limites constituent la majorité des patients qui sollicitent nos services. Quoi qu’il en soit, quelle que soit la pathologie, le passage par un état limite (passage limite) semble inéluctable dans le contexte d’un processus psychothérapique.
Lors du passage limite, nous sommes confrontés à une certaine stagnation, souvent à des passages à l’acte et in fine à la réaction thérapeutique négative. Le thérapeute peut parfois se sentir acculé. Il peut s’avérer très difficile de faire progresser le processus psychothérapique.
Winnicott et Roussillon ont développés des cadres conceptuels ainsi que des stratégies pratiques pour appréhender les états-limites. Les techniques psychodramatiques nous permettent de relever ce défi thérapeutique marqué par une ambivalence extrême. Ce conflit interne externalisé se situe au-delà du principe du plaisir.
Les angoisses agonistiques, sans nom et les défenses archaïques (clivage et double-retournement) sont réactivées. Le sujet revisite les premières étapes de son développement, où le moi et l’objet se trouvent encore mêlés, en plein processus de différentiation. Le passage à la symbolisation primaire, c’est-à-dire de la trace amnésique à la figuration (représentation chose, rêve) n’a pas encore été achevé par ces patients.
Nous essayerons d’approfondir le processus de symbolisation au cours de nos journées d’un point de vue théorico-pratique.
Par Nicolas de Salles de Hys
Après un tour d’horizon historique et théorique du psychodrame psychanalytique en suivant du mieux que nous pourrons les traces de M. Barroso, nous pourrions vérifier ensemble la pertinence de la thérapie des états-limites par le psychodrame.
Les carences précoces et les défauts de symbolisation entretiennent les réactions thérapeutiques négatives et le passage à l’acte. Ils viennent mettre en échec la relation thérapeutique individuelle. Cet échec est lié à la dualité persécutante et à l’absence d’un langage commun inconscient. Le psychodrame permet de se saisir de ces mouvements.
D’un point de vue winnicottien, l’espace transitionnel est recréé à travers le jeu psychodramatique. Le Moi est alors en mesure de symboliser ces mouvements, qui le dépassaient jusqu’à présent.
Ainsi la mise en jeu des sentiments, émotions, fantasmes et des imagos plus ou moins archaïques permet enfin leur symbolisation, et vient suppléer la béance psychotique ou l’angoisse limite. Le langage commun pré-verbal du jeu et des émotions est retrouvé pour le grand bénéfice du Moi. Le vide devient manque et le manque devient désir, à travers un jeu vrai et libre. La symbolisation retrouvée permet enfin de retrouver une dualité non persécutante.
Le psychodrame est plus qu’adapté aux états-limites. Nous espérons montrer, en suivant Manuel Barroso, que le psychodrame est fondamental comme psychothérapie du symptôme limite.
La psychanalyse a été inventée par l’hystérie. Le psychodrame est constamment réinventé par les patients-limites.
Nicolas de Salles de Hys, qui prend le relais de Manuel Barroso momentanément indisposé, psychologue clinicien diplômé de Paris V, exerce en psychiatrie publique au CMP adultes de Yerres. Formé à la psychothérapie relationnelle à la NFL, où il a été assistant de Jean-Michel Fourcade.
Reçoit en cabinet et co-anime depuis six ans le psychodrame au CMP enfants de Montrouge accueillant des enfants psychotiques et névrotiques graves. A créé un psychodrame adultes au CMP de Yerres qu’il anime en équipe pluridisciplinaire. A participé au psychodrame de l’hôpital de jour de Vitry sur Seine avec des patients psychotiques hospitalisés et supervise le psychodrame du CMP enfants de Brunoy. A créé avec plusieurs collègues, l’association Alfred PP.