Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
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Philippe Grauer
[mis en ligne le 10 juillet 2012]
La loi Accoyer concerne la naissance d’une nouvelle profession, celle de psychothérapeute NN – de nouveau régime, concernant une nouvelle discipline la psychothérapie paramédicale, dont les praticiens sont des psychopathologues. Cette discipline, enseignée à l’université en psychiatrie et psychologie, comporte un savoir en psychologie (fonctionnement du système nerveux, psychophysiologie, fonctions et mécanismes psychologiques, psychopathologie), un savoir d’expert, médical ou paramédical, consulté à l’occasion d’un dysfonctionnement qu’il s’agit de traiter, de façon procédurale et objective. Les nouveaux psychothérapeutes sont formés en particulier à la psychopathologie – à base DSM, ils sont formés à une autre discipline, à un autre métier. Ils jouissent du diplôme de psychologue ou de psychiatre et du nouveau titre de psychothérapeute à leur demande. Ils pratiquent la branche objectiviste de la psychothérapie [1]. Ils ne répondent pas aux cinq critères et se situent en dehors de notre exercice et discipline [2].
La psychothérapie relationnelle n’est pas abolie par la loi Accoyer, ses praticiens exerçant dorénavant sous le nom de métier générique de psychopraticiens, et sous le titre professionnel garanti de psychopraticiens relationnels (AFFOP), agréés (PSYG) ou certifiés (FF2P, voir ci infra).
On compte désormais dans le cadre du carré psy – qui n’a pas changé en son fond, répartissant selon les
les
psychologues (cliniciens ou non) – variété professionnelle en voie d’extinction, pérennisée en tant que discipline (la psychologie), caduque en tant que titre (le nouveau titre de psychothérapeute devant à l’avenir supplanter celui de psychologue (de 1985) dans le cadre hospitalier tout au moins.
psychiatres – la psychiatrie représente une espèce également en voie de disparition, retournant à la neurologie dont elle s’était séparée en 1968, en perte d’identité, de prestige et d’effectifs. Le nouveau cadre des psychothérapeutes pourrait assurer le relais, avec délégation partielle de l’autorité psychiatrique aux psychologues-psychothérapeutes dans le domaine de la psychopathologie.
diplômés d’université en psychanalyse – mais non obligatoirement psychanalystes (on parlerait à tort de psychanalystes d’université). La majeure partie des psychologues-psychanalystes, à titre de psychologues, ont choisi de devenir psychothérapeutes de nouvelle désignation. À leur insu ils ont bien joué, en qualité de grands-parents, puisque ainsi ils échappent aux 400 heures complémentaires en médecine échues à leurs successeurs. Ils ont perdu au passage leur statut d’exception dit d’extraterritorialité [4].
les
les porteurs du
les
En bref le seul nom de métier n’est pas sûr. La sécurité vient du titre. Quand on est seulement psychopraticien on n’est encore rien, c’est comme avant 2010 seulement psychothérapeute. Naguère les professionnels sérieux se distinguaient comme 1) psychothérapeutes – nom de
C’est à présent le GLPR qui a rencontré les Pages jaunes pour mettre en place la rubrique psychothérapie hors du cadre réglementé (premier succès) au sein de laquelle ne se trouve toujours pas la sous rubrique psychopraticien (nom de métier). La rubrique PJ psychopraticien (nom de métier) et celles de psychopraticien relationnel®, agréé ou certifié (titres professionnels), qui devraient lister les psychopraticiens régulièrement inscrits dans une association relevant du GLPR autoréglementant leur profession, n’existent pas encore (progrès restant à accomplir).
Le caractère autoréglementé de l’ancien cadre définissant le terme psychothérapeute relationnel comme titre professionnel garanti, devenu depuis 2010 psychopraticien relationnel, n’est pas encore officiellement reconnu par le cadre actuel en matière de professions du psychisme.
Une des raisons en est la volonté du législateur précédent d’installer la profession de psychothérapeute paramédical au détriment des deux disciplines humanistes de la dynamique de subjectivation, à savoir la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle. Une deuxième raison réside dans la mentalité corporatiste de la psychologie et de la psychanalyse française. Une troisième se trouve dans la mentalité scientiste prévalant actuellement au sein de l’université française en particulier en sciences humaines.
Une dernière raison, dérivée de la précédente, se situerait dans la lutte idéologique du scientisme médicaliste inspiré par le phénomène DSM, vers une "athéorisation" de la clinique psychiatrique, exprimant à la fois un mouvement de "libération" à l’échelle de la mondialisation de la psychiatrie (et de la psychologie) redevenues comportementalistes, envers la psychanalyse comme porteuse des valeurs de libération du sujet, et envers les concepts de symptôme, d’inconscient et de relation. Ce mouvement de "libération" représente actuellement une régression majeure, masquée par le côté moderniste de la neurobiologie.
Il revient aux quatre institutions historiques regroupées dans le cadre du GLPR d’agir pour valider institutionnellement sous ses nouvelles appellations la profession pérenne de ceux qui continuent de pratiquer sous une nouvelle dénomination la psychothérapie relationnelle, qui n’a pas changé depuis quarante ans.
Il revient à nos institutions historiques heureusement coordonnées depuis maintenant deux années, chacun dans son style et selon ses orientations et traditions scientifiques et idéologiques, de faire exister dans l’imaginaire social et dans les faits sociaux le caractère autoréglementaire de leur système de validation, certification, garantie et éthique.
Nous inscrivant à la marge nous aurions tort de demander à nouveau au législateur de nous reconnaître. Nous avons la capacité de nous reconnaître et faire connaître de nous-mêmes et de l’opinion publique. En tant que membres de la société civile cependant nous constituons un des acteurs du système de soins du psychisme, nous représentons le paradigme du soin psychique non médical, du soin que l’on prend de soi auprès d’un professionnel laïc par rapport à la médecine, répondant aux Cinq critères garantissant au public une prise en charge alternative de qualité. En ceci nous avons le devoir de nous présenter à la ministre de la Santé, et de lui représenter comment nous pourrions contribuer à une amélioration de la lutte contre les dérives sectaires et à la définition de la qualité des soins dans le domaine de la psychothérapie relationnelle résolument non médicaliste que nous représentons, au service d’un public qui a besoin de nos services et les apprécie à juste titre depuis bientôt un demi siècle.
Nos collègues psychologues qui crient victoire ne sont en réalité pas au bout de leurs peines. Un cycle complémentaire de remédicalisation, poursuivi en fac de médecine, dont on ne sait encore rien de précis, attend à la sortie les futures titulaires du master de psychologie et de psychanalyse.
En fin de compte la perspective de la profession de psychologue clinicien c’est de se voir remplacée par celle, relevant du secteur médical, de psychothérapeute. Victoire à la Pyrrhus. Il n’a pas été payant de hurler avec les loups contre les "charlatans".
les trois titres suivants
protégés par leurs organisations historiques responsables et représentatives regroupées dans le cadre du GLPR garantissent désormais l’exercice de la psychothérapie relationnelle, discipline alternative au secteur médical et paramédical. L’extraterritorialité, désormais, c’est nous, réorganisée [10] – plus les psychanalystes non psychothérapeutes de nouvelle désignation.
Rappelons que la possibilité au terme des dispositions transitoires d’acquérir le titre de nouveau psychothérapeute pour tous les ninis, après au moins cinq ans d’exercice de la psychothérapie, s’est éteinte en juillet 2011. On murmure qu’un DU complémentaire obligatoire (400 heures) très vraisemblablement en médecine [11] sera exigé des futurs dûment diplômés en psychologie s’ils veulent jouir du titre de psychothérapeute de nouvelle désignation. De toute façon le titre de psychothérapeute Accoyer implique la paramédicalisation des psychologues (et psychologues-psychanalystes).
Pourquoi pas ? il faut de tout pour faire un monde. De tout implique la présence de notre terme de l’alternative. Vive la psycho diversité bien tempérée.
[1] Source de confusion possible, ainsi les psychologues freudiens, par ailleurs psychanalystes, par là apparentés aux psychopraticiens relationnels, témoignent en tant que psychologues de leur pratique psychanalytique. On ne sait plus où on en est. On sait tout de même qu’institutionnellement ils ont décroché leur privilège (??) du nouveau titre de psychothérapeute, dans le temps qu’ils décrochaient, de l’action commune avec les psychopraticiens relationnels du temps de la Coordination psy. Désormais chacun jouera dans sa cour, les psychologues freudiens et les psychiatres relationnels (eh oui, c’est ainsi que parfois, se souvenant peut-être de notre collaboration passée, leurs psychiatres psychanalystes se désignent. Belle expression) travailleront côté médecine, dans la cour de l’hôpital. L’ambiguïté provient du fait que les psychanalystes-psychologues ou psychanalystes-psychiatres opèrent sous la blouse hospitalière : professions cumulables. Professions ou disciplines ? Il existe quelques psychanalystes à titre exclusif, la psychanalyse est alors leur profession, une troisième aux côtés des deux grandes, psychothérapeute et psychopraticien, qui se positionne en fausse fenêtre, œil de bœuf plutôt. L’immense majorité depuis une génération en France opère sous couvert de la profession de psychologue ou de psychiatre.
[2] Les psychologues-psychanalystes nouvellement réduits à leur demande à la condition de psychothérapeute s’arrangeront un double discours contradictoire. Malaise dans la psychanalysation.
[3] En fait une sorte de surtitre pour ceux qui détiennent déjà celui de psychologue. Le surtitre à terme abolira en quelque sorte celui de psychologue, et ses prérogatives d’indépendance à l’égard de la médecine : opération confiscation, les psychologues qui crient victoire crient dans le désert. Les psychiatres eux héritent d’un titre de plus, rien de grave.
[4] Maïa Fensten : "sorte de statut d’exception (ne pas être juridiquement réglementé, ne pas être concerné par les normes usuelles d’exposition et de validation scientifique, etc."), présentation de thèse La demande d’extraterritorialité de la psychanalyse française : fondements, problèmes, enjeux, 2004, Université Paris 5, sous la direction de J.-M. Berthelot, http://www.cermes3.fr/spip.php?article517
[5] En réalité il existe actuellement trois titres – se référer à titre pour plus d’information – dispensés par le PSYG, la FF2P et l’AFFOP. Pour ne pas compliquer la figure nous avons simplifié ici en nous reportant uniquement au système SNPPsy-AFFOP.
[6] C’est en nous amalgamant par falsification à cette catégorie que le député ORL UMP Bernard Accoyer a lancé sa campagne de diffamation contre la psychanalyse (qui ne commence à comprendre que maintenant la nature du piège qui a fait des psychanalystes de simples psychothérapeutes officiels) et nos institutions responsables et représentatives, au cours de ce que nous avons appelé depuis la bataille des charlatans.
[7] La FF2P délivrait un Certificat professionnel européen appelé CEP dans des conditions que les trois autres organisations contestaient, au nom du Cinquième critère. À partir de la création du GLPR la situation se normalise quelque peu.
[8] Yves Lefebvre et al, Profession psychothérapeute, Buchet-Chastel, 1996, 363 p.-
[9] Précisons que ce titre concerne l’ensemble des six organismes accréditeurs AFFOP, le SNPPsy étant précisément l’un d’entre eux. Rappelons que le CIFP est par ailleurs l’un des membres fondateurs de l’AFFOP.
Le titre de Psychopraticien relationnel® appartient à l’AFFOP via l’INPI. Il se voit de ce fait réservé aux praticiens titularisés (ie revêtus du titre) selon les cinq critères par les organismes accréditeurs agréés par l’Affop, à savoir à ce jour :
SNPPsy
CEGT
SFG
FFRAPIM
CDPC
INECAT
[10] Nous ne demandons pas l’exception en matière de validation scientifique, seulement des outils adaptés à notre matière. Nous revendiquons la posture non conformisante, ne nous proposons pas comme pôles de normalisation psychosociale, mais lieux à partir desquels la personne découvre la liberté de se redéfinir, conformément à ses valeurs, partiellement dégagée des emprises qui entravaient le déploiement de son existence en relation, dans le cadre du tragique inévitable de la condition humaine.
[11] Qui sait ? dans certains cas ce pourrait ne pas être en médecine mais le contenu maintiendrait une importante inspiration médicale.