Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
Ecole pour la psychothérapie relationnelle et multiréférencielle
Il nous a paru opportun de publier le compte-rendu que Daniel Ramirez a produit de son séminaire, car le déroulé donne une idée programmatique et méthodologique de ce type de cours, et que nous avons toujours eu à cœur d’informer le plus clairement possible sur ce que nous faisons. Ces séminaires en vérité uniques en leur genre illustrent que nous sommes la seule école à notre connaissance de notre niveau à dispenser une formation régulière et entière à la pensée philosophique, qui nous paraît incontournable et particulièrement précieuse pour le futur psychothérapeute relationnel.
Rappelons au public que les regroupements de philosophie sont ouverts à tout psy ou apprenti psy qui en serait curieux, après examen de sa candidature et entretien personnel.
Philippe Grauer
Nous avons parcouru une gamme de notions importantes mais souvent confondues : la religion comme réalité anthropologique, la croyance comme contenu de conscience, la foi comme expérience (ou sentiment) subjective, la transcendance, le sacré, l’ancestral, l’existentiel.
En ayant comme arrière fond la situation d’avoir à traiter avec des personnes qui manifestent avoir (ou ne pas en avoir) une dimension religieuse dans la vie, nous avons dégagé ces noyaux conceptuels dans un échange dialogué.
Puis, le samedi j’ai fait des exposés sur le fond et la structure des mythes (d’après Lévi-Straus et l’ethnologie contemporaine) comme archétype de la condition de l’humain et en tant qu’art d’établir des frontières (entre l’homme et l’animal, entre les vivants et les morts, entre le ciel et la terre, etc.) ; sur le sens global des religions (à partir de la multiple et équivoque étymologie du mot) ; de la fonction du religieux dans la conception durkheimienne (marxiste et freudienne, en passant) et des nouvelles approches à partir de R. Otto et du renouveau des études du phénomène religieux au XXe siècle.
Le but global fut de dégager la profondeur de la question de la vie et de la mort à laquelle les religions répondent, sur fond de séparation entre le sacré et le profane, de la puissance de la parole (originelle) dans un monde de palabre et du verbe dans une culture du verbiage, et de la force de transmission que les systèmes de croyances développent ; ceci en dépit des réductions que le positivisme a rendu nécessaires pour certaines époques, mais qui ne doivent pas nous empêcher de percevoir l’importance de ces réalités et de ces vécus.
Finalement nous avons parlé du sens (des divers sens) de la sécularisation du monde moderne, des nouvelles façons d’aborder la transcendance et de vivre la foi, des façons d’aborder ces dimensions dans la société et dans l’activité professionnelle. Questions sensibles, qui méritent le calme et le recul (difficiles aujourd’hui), le respect, l’ouverture d’esprit et surtout la connaissance.