Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
MARSEILLE – PHILOSOPHIE ce samedi 5 mai 2012 de 10:00 à 18:00
Claude Lanher
[mis en ligne le 25 avril 2012]
Nous avons parcouru les solutions que la philosophie kantienne apportait aux problèmes que doit poser toute réflexion sur la morale : nécessité de dépasser le relativisme pour sauver le jugement moral, découverte des règles qui permettent de le produire, élaboration des formules qui expriment le mode de présentation du devoir, i.e. l’impératif catégorique et mise en place de concepts fondamentaux tels que la liberté, la personne, la dignité…
Cette réflexion apporte des éléments importants qui doivent être pris en compte, même si on la critique, comme le fait par exemple Lévinas, dont nous avons aussi étudié quelques unes des réflexions.
Notre séance sera consacrée à deux autres critiques du point de vue kantien : Nietzsche et Lacan.
La critique de Nietzsche porte sur toute la philosophie classique en tant qu’elle suppose des mondes au-delà de celui qui se donne à nous (monde intelligible platonicien), croyance en l’existence du sujet ou « moi », en l’autonomie de la raison capable, par la seule logique, d’atteindre l’être, volonté du vrai comme moteur de la philosophie. La question morale hérite de cette critique : aucune philosophie morale n’est un pur produit de la pensée, elle n’est pas détachable de la vie de celui qui l’élabore, elle exprime ce qui vient du corps. En conséquence, toute pensée d’un philosophe procède des exigences physiques qui doivent servir au maintien d’un genre de vie déterminé. Par exemple, on peut dire que son besoin d’un monde ordonné explique les questions posées par Kant .
Ce point de vue nietzschéen sur Kant est ce qu’il appelle la généalogie et nous allons explorer ce que Nietzsche entend par là, en nous penchant plus particulièrement sur la généalogie de la morale.
Lacan, grand lecteur des philosophes, a aussi consacré à Kant une étude : Kant avec Sade. Nous essaierons de décrypter ce texte en 2ième partie de séance. La question centrale est ici la pertinence du formalisme kantien : que signifie cette opération kantienne de réduction de la loi morale à une forme, vidée de tout contenu puisque l’impératif catégorique énonce ce que doit faire tout sujet, quelles que soient l’objet du dilemme, les circonstances, les personnes concernées… ? Sa vérité est ailleurs que dans ce qu’elle affiche et c’est ce que nous esssaierons de comprendre.