Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
Ecole pour la psychothérapie relationnelle et multiréférencielle
Ce cours pratique de philosophie, qui pourrait s’appeler Pratique de la philosophie tant Claude Lanher tient à ce qu’il se tienne en dialogue entre elle et le groupe, à la socratique, se poursuit à l’issue de sa captivante première année.
On peut s’y inscrire [1] pour voir, puis pour de bon si l’on considère que ça en vaut la peine — le plaisir plutôt. Les enseignants y trouveront leur bonheur, les psychothérapeutes ou psychanalystes leur terrain de jeu, les personnes qui œuvrent dans des professions relationnelles leur intérêt. Les esprits curieux du domaine des sciences humaines examineront si ce jeu-là vaut leur chandelle personnelle, vaut qu’ils s’y prennent.
Les samedis philosophiques qui se poursuivent à Marseille avec Claude Lanher, professeur de philosophie à Lyon — qui s’intéresse plus particulièrement à Merleau-Ponty et à l’esthétique, inaugurent un volet de l’activité de formation et transmission que le Cifp met en place dans notre région. Bonne aventure à tous ceux et celles qui décideront de s’y joindre.
Philippe Grauer
Rapport à l’art et question du bonheur
Plusieurs raisons justifient cette question : l’étymologie du mot et le rapprochement entre sagesse et savoir, le fait que tous les philosophes aient traité de la question et enfin, phénomène paradoxal, que les attentes à son égard comme les critiques qu’on peut lui adresser portent sur cette question. Pourtant, on peut se demander s’il est bien sûr que tous les philosophes aient fait de la vérité le point central de leur recherche et s’il est nécessaire que les philosophies soient vraies pour qu’il soit primordial de les lire et de les méditer .
En partant de l’exemple de deux philosophes classiques, Platon et Descartes
on peut montrer que la vérité les intéresse, mais toujours de manière circonstanciée, i.e. toujours en rapport avec leur époque. L’un comme l’autre réfléchissent à partir des données scientifiques disponibles, des polémiques contemporaines, ce qui ne va pas sans tenir compte du contexte politique et, pour Platon, du contexte culturel Grec, très différent de celui qui nous est familier. La philosophie ne peut donc pas être abordée du point de vue d’une vérité qui serait la nôtre, aujourd’hui, sans prise de distance historique ;
on peut montrer que la vérité en philosophie se dévoile au travers d’interprétations multiples et qu’on ne peut donc pas l’aborder comme on le ferait de vérités de type scientifique ;
on peut montrer que la vérité garde cependant quelque chose de son rapport aux sciences : c’est une pensée qui cherche la rationalisation, qui cherche donc à justifier ce qu’elle affirme et à rendre compte de ce qui se donne à l’expérience humaine.
Pour autant, cette démarche ne fait pas des philosophes de purs êtres de raison ; délimiter le rationnel conduit aussi à repérer les marges, ce qui échappe à la raison et demeure profondément humain. On peut le montrer à propos des philosophes pris en exemple : Platon explorateur des formes multiples du discours, a recours aux mythes quand la raison ne suffit pas à convaincre ses auditeurs ; la construction des dialogues montre un rapport à l’art qui n’est pas seulement celui exprimé dans la République.
Concernant Descartes, on peut s’interroger sur ce dernier ouvrage qu’est le Traité des passions de l’âme, qui esquisse ce que les commentateurs contemporains appellent l’homme nouveau . Un des soucis majeurs de Descartes est aussi la question du bonheur, et Descartes sait bien qu’il ne se trouve pas en faisant exclusivement usage de la raison.
Les cours suivants vont continuer l’exploration de cette voie en alimentant la réflexion par une lecture d’œuvres.
Samedi 05/12 : poursuite de cette réflexion et lecture des quatre premiers discours du Banquet de Platon. En quoi consiste la rationalité philosophique ? Un ou deux exemples de conceptualisation permettront de le montrer.
Samedi 06/02/10 : changement de thème et exploration de la notion de sujet. Mise en place par Descartes, elle est centrale encore aujourd’hui. Cette intervention préparera la lecture du Discours de la méthode. Nous finirons la lecture du Banquet.
Samedi 24/04/10 : suite de l’exploration de la notion de sujet, ; lecture du Discours de la méthode de Descartes.
Samedi 12/06/10 : nouveau thème d’étude, le corps ; proposition de lecture d’une œuvre de Foucault, par exemple, Surveiller et punir (ce livre montre aussi comment la modernité assujettit le corps).
Samedi 11/09/10 : nous achèverons les travaux en cours et débattrons du programme de la deuxième année.
Platon écrivait des dialogues pour inviter chacun à ne pas se contenter de pensées figées dans les mots ; Descartes a fini chacune de ses Méditations par une pause qui invitait le lecteur à prendre le temps de se défaire des opinions les plus tenaces ; il considérait aussi la lecture des philosophes du passé comme une conversation avec les plus grands esprits de l’humanité.
C’est ce type de conversation que nous nous sommes efforcés de tenir et déployer, ensemble, tout au long de l’année, et que nous nous disposons à poursuivre.
Claude Lanher
[1] Pour cela téléphoner au Cifp ou lui courrièler votre candidature. Pour ce faire cliquer ici : nous contacter, puis en haut de la page l’hyperlien cifpr.