Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
PARIS – Journée d'Étude du 8 janvier 2012, 10h-17h
[18 décembre 2011]
10:00-13:00
Jose-Luis GOYENA
Cette demie journée sera suivie d’autres, dont nous sommes en train de mettre en place la programmation.
La pleine dimension de l’œuvre de Wilfred Bion – un des penseurs les plus important de la psychanalyse contemporaine – commence à se voir timidement acceptée en France. Jusqu’ici la réception de son œuvre s’accroche aux seuls versants théoriques, oubliant que toute la production de Bion tend à comprendre la souffrance psychique, apportant de ce fait une contribution majeure et profondément critique à la théorie de la technique psychanalytique.
Je me propose d’illustrer avec des exemples cliniques quelques concepts majeurs de son œuvre.
José Luis Goyena né en Argentine, vit à Paris. Sa formation psychanalytique se répartit sur trois pays hautement significatifs de l’histoire de la psychanalyse, l’Argentine, la France et l’Angleterre. J-L Goyena se situe dans le sillage de Mélanie Klein et ses continuateurs, H. Rosenfeld, D. Meltzer, et tout particulièrement W. Bion. A publié de nombreux articles, participé à des colloques et des conférences dans différentes universités et institutions aussi bien en France qu’à l’étranger, a écrit deux ouvrages non publiés encore, Impasses et difficultés du processus analytique, et La transmission de la psychanalyse et ses vicissitudes. Docteur en Psychologie et en Psychopathologie clinique. Exerce la psychanalyse en libéral depuis quarante ans.
14:00-17:00
Claude LEMONNIER
Le travail dans la présence, ou quand la parole fait retour au corps
Cette demie journée sera suivie d’une journée entière, dont nous sommes en train de mettre en place la programmation.
Le passage à l’acte domine le mode d’être de nombreux patients, transgressions, addictions, mise en danger répétitive, l’agir tient lieu de pensée et occulte toute élaboration. La fuite devient la seule réponse possible à un mal-être existentiel profond, à une angoisse insupportable. Le passage à l’acte n’est pas le propre d’une structure psychique spécifique mais ces patients présentent fréquemment des traits rappelant états-limites ou structure perverse.
0n exposera le cas d’Hector, artiste de 40 ans paralysé par sa violence intérieure et fuyant dans l’alcool, mais soutenu dans sa thérapie par un engagement transférentiel fort ; on montrera comment le travail dans la présence aux sensations corporelles a permis une prise de distance par rapport à la pulsion. Comment dans l’aller–retour constant de la parole au corps et du ressenti au sens, l’histoire s’élabore, la scène intérieure se remanie, le mode d’être évolue. Le passage à une nouvelle étape de vie n’a été rendu possible que par la mise en place progressive d’un double ancrage à la fois symbolique et corporel. C’est sans doute le principal enseignement de cette thérapie.
On développera ensuite quelques implications du travail dans la présence en s’appuyant notamment sur les travaux de H.U. Gambrecht. Puis on terminera par des échanges sur les modalités pratiques du retour au corps, appuyés par quelques exercices.
Eléments de bibliographie
GAMBRECHT Hans Ulrich. Éloge de la présence : ce qui échappe à la signification. Maren Sell, 2010, 238 p.-
ROUSTAN François. Savoir attendre pour que la vie change. Odile Jacob, 2008, 235 p.-
PAGÈS Max. "Le système émotionnel" et "L’affect et l’expérience intégrative de l’émotion" dans Psychothérapie et complexité. Épi 1993, 316 p.-
PAGÈS Max. Trace ou sens. Hommes et Groupes, 1986, 216 p.-
SIBONY Daniel. "Symbolique et thérapie" dans L’enjeu d’exister. Seuil, 2007, 389 p.-