Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle
MARSEILLE 14 janvier 2012, 9h30-18h00
[19 décembre 2011]
Groupe ouvert aux psychothérapeutes et aux psychopraticiens relationnels.
première rencontre 14 janvier 2012
au CIFPmed
Par Jacques Tosquellas
Novembre 2011
Être psychothérapeute [1]et développer un travail d’aide auprès de personnes en état de souffrance psychique, suppose pour le moins une formation suffisante et ouverte intégrant en particulier une connaissance portant sur les processus psychopathologiques, la communication et les interactions. Ces connaissances ont à être articulées avec la question de l’inconscient et les aléas de ses manifestations. Si les faits humains ne sont pas des faits comme les autres, c’est dire que l’observateur est inclus dans le matériel d’observation et que tous deux sont reliés par un tissu tricoté par l’histoire singulière et expérimentée des relations transférentielles et contre-transférentielles.
Ces connaissances ne peuvent donc en aucun cas être constituées uniquement comme un savoir venant servir de grille de lecture, comme peut l’être, par exemple, le savoir médical.
L’efficacité du médical repose de plus en plus, on le sait, sur une entreprise de désubjectivation des deux partenaires de l’interaction au niveau diagnostic, et sur l’apport d’un objet pris dans le trésor des objets et des techniques, apport qui viendrait combler un manque spécifique au niveau du thérapeutique.
L’efficacité du psychothérapique, que celui-ci centre son action sur le corps, sur le verbe ou sur les deux, repose sur les manifestations transférentielles et contre-transférentielles qui se développent particulièrement au travers des mécanismes de l’adresse et de la demande faite par un sujet à un autre sujet, en rapport avec les aléas du désir. Le travail psychothérapique porte sur les liaisons entre la souffrance actuelle et une souffrance de fondation. Ces liens sont fondamentalement insus de l’un des partenaire de l’interaction, le thérapeute, le psychopraticien relationnel, même s’il est posé comme “supposé savoir”, comme de l’autre, le patient, celui qui souffre et qui demande de l’aide.
C’est dire que tout travail de réflexion sur le champ psychothérapique doit s’articuler à une clinique expérientielle interactionnelle renvoyant à une position éthique fondamentale et suffisamment claire. Les questions relatives aux relations de désirs et au-delà de pouvoirs sont par là posées.
Une session d’une journée est proposée à Marseille, qui restera intégralement centrée sur un travail sur des cas cliniques selon la méthode du Psychodrame-Balint.
Une situation de rencontre entre un thérapeute et un patient est présentée par un des membres du groupe. Le groupe travaille pendant une heure et demie sur ce cas en tentant de mettre en évidence quelques aspects de la relation. La technique utilisée associe des phases verbales et des phases de jeu psychodramatique en suivant au plus près la méthode des quatre discours du psychodrame-balint
prise de parole d’un exposant et présentation d’un cas
mise en mouvement conjointe de l’exposant et de l’animateur vers le centre du groupe
jeux d’une séquence de rencontre de l’exposant et du patient, comprenant le jeu, les changements de rôle, les doublages...
phase de prise de parole et d’analyse verbale de la situation nouvellement créée.
Le travail restera dans tous les cas centré sur la situation professionnelle et ne dérivera pas sur l’étude de la situation personnelle, dite privée.
Deux cas seront envisagés, un le matin, l’autre l’après midi. Avant le cas du matin, une courte intervention précisera l’intérêt et la technique du psychodrame-Balint.
Si cette expérience d’une journée intéresse le public concerné, il sera possible d’envisager la constitution d’un groupe stable.
Ce groupe sera animé par Marie-France Negrel et par Jacques Tosquellas.
[1] Au sens également de praticien en psychothérapie relationnelle. On pardonnera au dr. Tosquellas l’emploi du terme générique qu’il a utilisé toute sa vie pour désigner l’ensemble des professionnels du psychisme s’occupant de la souffrance humaine, sans relation directe avec le titre éponyme de nouvelle désignation.