CIFPR

Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle

Carré psy — dossier

Carré psy — dossier

Attention, cette image est une matrice à hyperliens : CLIQUEZ CHAQUE INTITULÉ, qui vous listera un ensemble d’items en vue de souligner similitudes et différences. L’alliance objective des deux côtés de droite — psychanalyse et psychothérapie relationnelle, apparaît clairement.

 Le triangle ocre de la subjectivation et du procès qu’ils constituent se distingue en bas à droite.

 Le triangle vert objectiviste se donne à lire en haut à gauche.

 La diagonale du transfert sépare les deux zones épistémologiquement distinctes.

 La zone verte recouvre désormais l’aire du récent titre d’exercice de psychothérapeute. Les psychanalystes qui par ailleurs sont soit psychologues soit psychiatres dans leur immense majorité, ont directement accès à ce titre. Les ex psychothérapeutes exerçant sur le côté marqué psychothérapie relationnelle le feront désormais sous le titre de psychopraticiens relationnels® [1], couverts par l’autorité morale des syndicats et fédérations regroupés sous le nom de GLPRGroupe de liaison de la psychothérapie relationnelle.

 Le Carré psy figure les quatre protagonistes de base de la configuration globale psy. Tout le reste est subdivision, articulation complexe, créativité, dénaturation, recomposition, jusqu’au cumul plus ou moins légitime. On peut imaginer que chaque côté engendre un carré également, ici ramené aux proportions d’une barre colorée, et concevoir que chaque protagoniste institutionnel voie à l’occasion son carré latéral comme le central et lise midi au cadran qui surmonte sa seule porte.

 La clarification graphique dont nous proposons ici l’esquisse est d’autant plus nécessaire que les deux champs disciplinaires en charge du procès de subjectivation constituant le triangle du transfert, représentent des professions cumulables et que de nombreux praticiens du triangle scientifique finissent parfois par s’y perdre, à force de cumuls et semi-cumuls.

 Côté triangle vert de l’objectivation, les deux professions diplômées universitaires ont tendance à s’exonérer de tout ou partie de la compétence cumulée, l’autoproclamation, accusation qui fusa volontiers dans le milieu au moment de la bataille des charlatans, y fait figure de symptôme d’angoisse professionnelle de légitimation.

 L’adoption du dernier amendement Accoyer au Sénat, une fois admis son décret d’application, met fin à cette perspective. La configuration du Carré demeure. Un praticien en psychothérapie relationnelle pourrait accéder au titre officiel d’exercice (par le fait qui n’est plus générique) de psychothérapeute, à condition de double cursus complet : dix ans d’études (mesures transitoires pour les grands-parents) : cas de figure pratiquement exclu, il s’agira bien de deux familles distinctes, paramédicale vs. non médicale.

La réciproque n’est pas prévue par la loi. Principe de confiscation juridique de nom (attention psychothérapeute n’a jamais jusqu’à présent été un titre mais un nom de métier) par iniquité corporatiste et application du principe annexionniste constant : tout ce que désire la médecine elle se l’approprie. Les psychologues sont en train de l’apprendre à leur dépens, qui voient émerger la nouvelle profession concurrente de psychothérapeute paramédical au détriment de leur psychologie clinique. Tout cela est en train de se recaler, au fond sans modification importante de la configuration d’ensemble, au sens que le carré psy ne bouge pas..

Juillet 2010 - janvier 2011 : nouvelle donne institutionnelle

– Le nom de métier des psychothérapeutes relationnels a changé, ils sont devenus les psychopraticiens, œuvrant dans le domaine qui n’a pas changé de la psychothérapie relationnelle.

 Le titre d’exercice a également évolué. Les ex (ou futurs sous le nouveau titre) psychothérapeutes relationnels sont devenus psychopraticiens relationnels®, sous la responsabilité du SNPPsy et de l’Affop, membres du GLPR.

La valse des signifiants ne change rien à la configuration d’ensemble, elle répartit la même donne autour du nouveau nom de métier et d’un nouveau système de nomination de la titularisation professionnelle préexistante.


 Le titre d’exercice de psychothérapeute, réservé aux universitaires, cesse d’être générique en France. Actuellement en voie d’installation, il relèvera de la logique verte du Carré : neurologie, neurosciences, prescriptivité, logique DSM, TCC, santé mentale. Bien entendu avec nuances et camouflages, mais il convient de distinguer le structurel du nuancé.

 Le public lui a compris qu’en appelant tout le monde psy il ne risquerait pas de se tromper. Cependant la complexité demeure, susceptible d’engendrer d’heureuses trouvailles ou de malencontreuses confusions.

 La question de la psychopathologie est traitée différemment selon les côtés du Carré, mais aucun professionnel dûment encadré ne saurait en ignorer les dimensions nécessaires à son exercice.


 La psychanalyse, dans la seconde moitié du XXème siècle, avait pénétré la psychiatrie et une partie de la psychologie, produisant une psychanalyse mandarinale singulière (idéal du moi institutionnalisé). Au demeurant influence bénéfique. Dans le cadre du néoscientisme, ces deux disciplines tendent à se dégager de cette influence et à unifier leur champ à partir du cognitivisme, des neurosciences et parfois du systémisme, la médecine retournant à l’organicisme, la psychiatrie à la neurologie (on n’arrête pas le progrès … (ni la régression)).

 Certains agrégats complexes ne figurent pas dans ce schéma de base, ce qui n’invalide pas sa construction conceptuelle.

 La psychiatrie se meurt, se refondant dans la neurologie dont elle ne s’était à tout considérer séparée en France qu’en 1968, dans le cadre proliférant de la santé mentale. Cela n’invalide pas notre Carré, l’enseigne psychiatrie redevenant psychiatrie neurologique. Bien entendu une reconfiguration d’ensemble se profile, on peut même dire qu’elle fait mieux que se profiler, que la forme s’en trouve déjà affirmée.

 Nous écrivions :“Les tentatives de réorganisation du champ objectiviste afin, dans le mouvement de créer un titre générique d’exercice de psychothérapeute, que soit engendrée une nouvelle variété de psychologues supplétifs chargée d’administrer des thérapies (et non des psychothérapies) à protocoles à cocher [2], ne contribuent pas véritablement à clarifier une situation déjà complexe”. Les dés à présent jetés, l’appellation ex générique de psychothérapeute se verra attribuée exclusivement aux psychologues et médecins, sous le mode titre d’exercice. Les praticiens en psychothérapie relationnelle sont priés de se renommer en termes de métier et de s’intituler différemment. Leur renommée suffisante leur permettra d’occuper leur territoire comme ils l’entendront, et se feront entendre. Au demeurant ils changent (partiellement) de nom (ils changent de nom de métier), passant de psychothérapeutes à psychopraticiens, tout en conservant le relationnel (lequel renvoie plutôt au champ de la discipline pour être précis) par quoi ils se distinguaient.

 Nous disions encore :“Le milieu psy tout entier se débat actuellement dans des convulsions institutionnelles qui le mettent en difficulté, chacun dans son propre domaine. Une réflexion approfondie et posée, autour d’une table ronde justement régulée par un médiateur, permettrait de sortir de la crise par le haut.” L’actuel cours des choses tourne le dos à cette option. C’est l’inverse qui s’est produit, Bernard Accoyer ayant veillé à ce que la volonté de l’Académie de médecine soit faite.

 La marmite continuant de bouillir, la psychothérapie relationnelle à terme n’étant plus dedans y gagnera en tranquillité. Elle continuera d’occuper son côté du Carré, un côté alternatif à l’abri des conflits universitaires et de la normalisation DSM cognitiviste.

 En fait la psychothérapie, précisément la relationnelle, participe de l’ascension des nouveaux métiers de la relation, pendant et contrepoids de ceux de la gestion, à l’issue d’une mutation dans les rapports de production. Cette thèse de Lise Demailly, Politiques de la relation. Approche sociologique des métiers et activités professionnelles relationnelles, Presses universitaires du septentrion, 2008, 373 p.- sera reprise sur ce site par ailleurs.


[1] Les deux disciplines de la dynamique de la subjectivité représentent elles des psychothérapies à ricocher, elles renvoient de proche en proche et de détour en détour, en négociant lorsque c’est approprié par des raccourcis psychocorporels en ce qui concerne la psychothérapie relationnelle, jusqu’au nœud du problème, pour travailler à dénouer au moins partiellement ce qui nous tire nos ficelles psychiques.

[1Terme déposé à l’INPI par l’Affop, dont le Snppsy est membre fondateur.

[2Les deux disciplines de la dynamique de la subjectivité représentent elles des psychothérapies à ricocher, elles renvoient de proche en proche et de détour en détour, en négociant lorsque c’est approprié par des raccourcis psychocorporels en ce qui concerne la psychothérapie relationnelle, jusqu’au nœud du problème, pour travailler à dénouer au moins partiellement ce qui nous tire nos ficelles psychiques.

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