CIFPR

Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle

École pour une psychothérapie relationnelle multiréférentielle

1 — De quoi s’agit-il ?
2 — Spécificité de la formation CIFP : 4 + 2 = 6 disciplines corrélées
3 — Brève définition des quatre champs disciplinaires de base du Cifp
4 — Huit dimensions de la formation proposée
5 — Personnes concernées
6 — Débouchés


AVERTISSEMENT GÉNÉRAL

Au terme de la loi Accoyer confisquant l’appellation psychothérapeute en titre exclusif réservé aux psychologues et médecins, le terme psychothérapeute qui intervient au fil de nos textes ne saurait plus à partir du 1er juillet 2010, année d’un tournant historique dans l’histoire de la psychothérapie en France, renvoyer à toute prétention illégale à un titre universitaire réservé par la loi française, de la part des psychopraticiens multiréférentiels® que forme notre École – appelés à devenir psychopraticiens relationnels® en se faisant titulariser par le SNPPsy [1].

Il faudra entendre, lorsqu’on lit psychothérapeute dans notre texte, soit psychopraticien relationnel® soit psychopraticien multiréférentiel®, titres non gouvernementaux alternatifs institués et couverts solidairement par le SNPPsy et l’Affop, alliés au Psy’G et à la FF2P dans le cadre du GLPR, soit la désignation scientifique de celui qui s’adonne à la pratique de la psychothérapie, au sens générique. Ne pas confondre revendication à un titre protégé, sens réservé, et désignation d’une activité, sens large. Progressivement, la terminologie s’affinera. De toute façon, autant les psychothérapeutes NN ne veulent pas se voir confondus avec nous, autant nous-mêmes désirons nous démarquer d’une appellation confisquée puis dénaturée. Voici venir un premier terrain d’entente entre collègues, colocataires du Carré psy.

1 — De quoi s’agit-il ? psychiatrie et psychologie puis psychanalyse puis psychothérapie relationnelle

Carte du territoire psy

Qui désire s’informer et se former à la psychothérapie relationnelle ne peut s’épargner d’apprendre à lire la carte du territoire psy qui s’étire en quatre domaines principaux : psychiatrie, psychologie, psychanalyse et psychothérapie relationnelle.

Histoire : deux au départ psychiatrie et psychologie

De même, il ne pourra faire l’économie de l’histoire ancienne et récente qui raconte et permet de comprendre comment depuis la psychiatrie et la psychologie, disciplines universitaires fascinées par la psychanalyse qui exerça son hégémonie sur elles durant un demi-siècle, la situation a évolué vers la quadrature actuelle.

Puis trois : la psychanalyse et son influence années 50-60

Pendant qu’en France la psychanalyse vient faire le troisième terme, poussant l’avantage parfois jusqu’à l’hégémonisme, entre médecine et psychologie, aux États-unis ce sera la psychologie humaniste qui s’appellera la Troisième force et viendra se mettre en coin entre une psychanalyse médicale et orthosocialisatrice et un comportementalisme dur.

De trois …

La situation française [2] à trois s’est trouvée bousculée par l’exo troisième terme américain, qui chez nous prend le rang quatre, la psychologie humaniste américaine devenue Growth Movement puis Mouvement du potentiel humain, puis Nouvelles Thérapies, enfin psychothérapie relationnelle qui enrichit le paradigme institutionnel au moment même où la psychiatrie décline, régressant à la neurologie, et où la psychanalyse perd, sans toujours le savoir encore, sa position de toute puissance, de domination idéologique, cependant mal assise puisqu’elle n’était jamais devenue une discipline universitaire au sens plein de ce mot.

… à quatre

On est ainsi passé de trois à quatre. Aujourd’hui le territoire psy est bel et bien constitué de quatre disciplines [3] majeures mais avec cette particularité que seules deux d’entre elles sont universitaires, la psychanalyse n’y occupant plus que quelques sièges de professeurs (hôtes de la psychologie, exerçant à l’enseigne de la "psychologie clinique") et la psychothérapie relationnelle presque plus (voir à ce sujet notre rubrique Carré psy).

 Modification de dernière minute de ce mouvant équilibre, l’UFR de Psychanalyse de Paris 8 vient d’obtenir [4] l’homologation de son cursus comme équivalent à celui du M2 de psychologie clinique. Bonne nouvelle pour la psychanalyse de la Cause freudienne, ainsi devenue disciplinaire au sens universitaire du terme, indépendamment de la Psychologie [5].Il n’est pas sûr que cela modifie l’équilibre global des forces en présence.

Deux disciplines extra-universitaires

Les deux disciplines majeures extra-universitaires ont en commun de s’occuper de la Relation [6] (ce qui requiert une formation hautement spécialisée de la part du professionnel de la chose, d’où notre École) et du processus par lequel on devient sujet de sa propre vie. Elles nécessitent une formation spécifique, à fort coefficient d’expérimentation existentielle en même temps qu’une psychothérapie relationnelle ou une psychanalyse individuelle. Or l’université française, dont le cursus de psychologue prépare à une profession bien différente – et cela ne s’arrangera pas avec l’apparition des psychothérapeutes NN [7], est incapable de produire et conduire ce genre de parcours, l’Histoire a fait qu’elle ignore nos champs disciplinaires. La même Histoire dira ce qu’il en sera à la génération suivante, mais pour l’instant nous en sommes là.

Monopole de fait et agrément privé

La psychothérapie relationnelle requiert un savoir, un savoir faire, un savoir être et un savoir faire être combinés, bref un ethos et une mentalité scientifique (au sens de science humaine) particuliers que seuls dans notre pays les écoles et sociétés-écoles spécialisées détiennent et sont à même de transmettre. En tant qu’institutions, les deux grandes disciplines du processus de subjectivation savent agréer leurs instituts de formation et réguler le flux des psychothérapeutes relationnels et psychanalystes qui en sortent.

Dynamique de la subjectivité

Le Cifp pour sa part a choisi de centrer sa formation multiréférentielle sur les deux disciplines de base relevant de la dynamique de la subjectivité que constituent la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle, cette dernière représentée en son sein par ce qu’en toute rigueur il faudrait désigner comme trois subdisciplines, que par commodité (à plus proprement parler il faudrait parler de matières) il désigne comme disciplines.

Prescription / subjectivité

Il exclut en tout cas de son offre, réduite dans ce domaine à une information limitée, le COMPORTEMENTALISME avec son cognitivisme, créateur d’une thérapie (et non psychothérapie) comportementale et cognitive, TCC, procédant du champ opposé des thérapies prescriptives (vs. subjectives ). Des ouvertures sont aménageables, notamment en direction du systémisme [8]. Mais on ne saurait tout faire, nos programmes sont lourds. En dehors de Journées d’études organisées par l’École, les étudiants qui le désirent s’y intéresseront latéralement ou par la suite.

2 — Spécificité de la formation CIFP : 4 + 2 = 6 champs disciplinaires

Polyvalence : deux disciplines dont la seconde subdivisée, plus deux matières transversales

Le CIFP fut l’un des tout premiers en France à former dès 1985 des psychothérapeutes polyvalents, intégrés, capables à la fois d’offrir un éventail équilibré de pratiques, méthodes et théories relevant de la psychothérapie relationnelle dans sa diversité, ménageant sa place à la psychanalyse sans conférer de prime abord à une discipline particulière une position prééminente .

La psychothérapie multiréférentielle proposée par notre école comprend au sens strict du terme, les deux grandes disciplines constituant le triangle de droite du Carré psy centré sur le processus de subjectivation :

 PSYCHANALYSE

 PSYCHOTHÉRAPIE RELATIONNELLE, laquelle se répartit en trois subdisciplines, disciplines internes ou matières

 
Le tout articulé à deux enseignements disciplinaires avoisinant la clinique :

 PHILOSOPHIE

 PSYCHOPATHOLOGIE

Soit quatre disciplines de base et deux transversales : 4 + 2, l’ensemble à l’enseigne de l’interdisciplinarité.

 un SUIVI MÉTHODOLOGIQUE accompagne le tout.

Mono ou multi : problématique de la complexité

On peut ne se former que dans une discipline et y rester toute sa vie, persuadé d’elle, y rester toute sa vie ou choisir d’élargir son horizon avec l’âge. On peut aussi commencer large pour se fixer plus tard sur une discipline élue. On peut encore préférer commencer multi modal et rester ouvert, multiple et complexe.

La multiréférentialité a probablement un bel avenir devant elle, face à un monde de plus en plus éclaté pour lequel une méthodologie prenant en compte la complexité peut se révéler fertile si ce n’est indispensable.

3 — Brève définition des quatre champs disciplinaires de base du Cifp

3-1 — PSYCHANALYSE : Processus au cours duquel on en vient à éprouver et comprendre en même temps, que notre histoire nous échappe tant que nous ne nous sommes pas entendus en découvrir le sens en présence d’un professionnel qui accepte de nous servir de témoin actif au long cours. Transfert, inconscient et sexualité alimenteront ce voyage au bout de soi-même.

PSYCHOTHÉRAPIE RELATIONNELLE, répartie en trois (sub)disciplines :

3-2 — GESTALT-THÉRAPIE EXISTENTIELLE : Le sujet gestaltiste est invité au cours du processus psychothérapique à se "démorceler", à faire l’expérience du dialogue des parties de lui-même qui jusque là s’ignoraient mutuellement, le faisant tourner en rond dans ses problèmes. Psychothérapie de la relation et du choix, la gestalt-thérapie considère que le Soi qui nous globalise psychiquement est un processus perpétuel, dont on peut repérer les moments de blocage pour lui restituer sa fluidité.

C’est à Noël Salathé que revient le mérite du croisement théorique et méthodologique de la Gestalt-thérapie telle qu’il en a hérité en particulier d’Isadore From, et de la psychothérapie existentielle d’Irvin Yalom.

3-3 — PSYCHOCORPOREL : approche d’essence intégrative. Le "moi-corps" permet d’accéder à soi sur le mode privilégié d’un travail à partir de l’énergie vitale, des tensions corporelles, de la respiration et de notre façon de nous mouvoir et émouvoir. Dans cette discipline nous nous appuierons sur les travaux fondateurs de W. Reich et A. Lowen, auxquels s’adjoignent S. Keleman, D. Anzieu, W. Winnicott, W. Bion. Et bien sûr, le fondement S. Freud.

3-4 — GROUPE PSYCHOTHÉRAPIQUE : expérimentation d’un travail de groupe psychothérapique continu, enrichi d’une pratique multiréférentielle à échelle multiple, propice à une intégration personnelle et un mûrissement groupal. De Kurt Lewin le fondateur de la dynamique de groupe à Carl Rogers, Wilfrid Bion, René Kaès, Bill Schutz et Max Pagès, le groupe comme famille symbolique et possibilité d’un travail psychique "en 3D", cette discipline représente à elle seule un véritable continent de recherches et de découvertes, croisant toutes les disciplines (psychosociologie, psychanalyse, théorie du champ, Rencontre [9]) et constitue une mine d’or psychothérapique. Le groupe constitue un fantastique instrument de découverte de soi via le regard des autres, d’évolution personnelle et de développement de la capacité de relation sociale authentique.

4 — Huit dimensions de la formation proposée

  1. expérientielle : le savoir est transmis en expérimentation pratique, au sens où nous nous attachant à suivre le train des mutations dont nous sommes constamment le siège (Montaigne), l’expérience par nous même et sur nous même du savoir à nous transmis, constamment en relation, constitue le processus même de notre apprentissage. L’expérimentation impliquée, en situation, devient expérienciation. Dans un tel cadre, la théorie n’est jamais disjointe de l’histoire du sujet, du savoir-faire, du savoir-être et au bout du compte du savoir faire être.
  2. relationnelle : elle se pratique à partir du lien, de l’interaction, du transfert, du travail émotionnel, de la catharsis, elle prend en compte le champ de l’inconscient individuel et groupal.
  3. intégrative : elle mobilise complémentarités et transversalités entre champs disciplinaires différents.
  4. multiréférentielle :
    a) Les théories les plus importantes exposées au Cifp sont soit complémentaires (les contraires font système) soit contradictoires (relevant de systèmes différents, mutuellement exclusifs : incompatibilité). La multiréférentialité organise entre elles une trangression bien tempérée, qui permet d’atteindre le non atteignable de chacune prise en particulier, à partir d’une ou de plusieurs autres.
     
    b) Elle s’appuie sur le maintien dynamique de contradictions irréductibles entre disciplines, se refusant de laminer les différences gênantes, les amalgamer, réduire ou ramener à l’hégémonisme de l’une d’entre elles.
     
    c) La multiréférentialité s’intéresse à la pratique complexe ménageant le jeu nécessaire des tensions entre éléments hétérogènes incompatibles. Elle s’appuie sur l’idée maîtresse du maintien inconfortable d’une ambiguïté (cf. P.-Cl. Racamier) génératrice de recherche et d’invention.
     
    d) Elle s’applique à former des praticiens qui travailleront à partir de plusieurs pôles disciplinaires, capables de stratégies multifocales, à tout le moins de tenir compte de l’existence de dimensions différentes de celles qu’ils auront choisi d’engager.
     
  5. artistique : considérée comme un métier d’art, la psychothérapie relationnelle fait appel à la créativité du praticien. En cabinet, l’improvisation à partir d’un cadre rigoureux nécessite un long et soigneux entraînement préalable (sans compter la supervision ensuite, bien entendu). Le Cifp prend en considération cette dimension.
  6. science clinique : art ou science ? art et science, science molle en tout cas, science humaine, la psychothérapie relationnelle cultive la rigueur, l’exigence relevant aussi bien de l’art que de la science, mais, éminemment qualitative, ne se prend pas pour une science dure, science naturelle ou physique, dont elle singerait tragi-comiquement l’allure. Le transfert ne sera jamais soumis à statistiques.
  7. sociale : elle n’oublie pas la dimension psychosociale, psychosociologique, politique, du travail psychothérapique. Elle s’offre à éclairer les psychothérapeutes relationnels en devenir sur les aspects anthropologiques et sociaux de leur pratique.
  8. morale et politique : la psychothérapie relationnelle se fonde sur une éthique osant s’appuyer sur un code de déontologie , celui du SNPPsy, qui encadre la pratique professionnelle et fait autorité depuis bientôt trois décennies, sans avoir besoin de se constituer en Ordre.

5 — Personnes concernées

Majoritairement, il s’agit de
 personnes en reconversion, envisageant de bifurquer à partir de parcours professionnels et de vie très divers, pas uniquement à partir de parcours en sciences humaines.
 personnels hospitaliers, éducateurs, médecins, psychologues, enseignants, etc., souhaitant changer d’activité ou enrichir celle qu’ils exercent.
 étudiants en psychologie et sciences humaines.

Pour en savoir plus cliquer les liens suivants : devenir psychothérapeute NN ou psychopraticien relationnel, devenir praticien en psychothérapie relationnelle, carré psy.

6 — Débouchés

 Exercice en libéral (on aborde très différemment la question du chômage bien connue des psychologues) de la psychothérapie relationnelle multiréférentielle, sous réserve de remplir les conditions déterminées par le Cifp.
 Exercice en institution, si l’on en remplit les conditions spécifiques, être psychologue clinicien ou médecin, autorisé de ce fait à porter le titre nouvellement réservé de psychothérapeute [10].
 Applications diverses à des champs d’exercice voisins.

En savoir plus : cliquer L’ÉCOLE & SON ORGANISATION.

[1détenteur du Cinquième critère.

[2Et européenne puis mondiale, tout va très vite de nos jours.

[3Une discipline n’est pas obligatoirement universitaire, la preuve avec la psychanalyse et nous-mêmes, psychothérapie relationnelle. Dans ce cas elle se transmet tout simplement ailleurs qu’à l’université, au sein de Sociétés-Écoles, ou tout simplement d’Écoles. La situation est plus claire avec notre discipline qu’avec la psychanalyse, adossée à ses derniers bastions universitaires, alors que nous avons totalement perdu les nôtres. Encore que la situation évolue aussi pour la psychanalyse, progressivement poussée hors les murs de l’alma mater.

[4Au printemps 2009. Cela ne veut en rien dire que l’université forme des psychanalystes. Elle enseigne la psychanalyse. La formation des praticiens en psychanalyse, des psychanalystes donc, reste l’apanage des sociétés savantes.

[5Qui fulmine.

[6Au sens fort du terme, nous adoptons à cette occasion l’emploi de la majuscule, non pour lui conférer quelque majesté idéaliste, mais pour indiquer que nous parlons d’un concept. Les professionnels qui n’y entendent rien montrent par là que le terme relation à leurs yeux revêt son sens populaire, j’ai des relations, ou faible : je suis en relation avec mon médecin ou mon avocat. Cela ne les engage pas outre mesure. Spécialistes, ils me permettent (au mieux) de délibérer avec eux de mon problème en meilleure connaissance de cause puisque je confère avec un professionnel du domaine. On appelle cela du conseil.

Au sens fort, cela comporte le concept de transfert, constitue le ressort du devenir en psychothérapie, un véritable cheminement à deux impulsé par le psychothérapisant ou (psych)analysant (termes barbares pour désigner celui qui a entrepris la démarche, sa démarche), littéralement assisté non par ordinateur comme cela se dit de nos jours mais par un guide de montagne psychique, praticien de la psychothérapie relationnelle, un psychopraticien relationnel selon la terminologie désormais politiquement correcte.

[7Pas une profession, le ministère le jure, et s’il s’agissait d’une discipline il s’agirait de la psychopathologie. Psychopathologue porteur du titre de psychothérapeute, quel sera l’avenir de son statut professionnel ? En majeure partie il s’agira de personnels hospitaliers. Note en date du 21 08 2010.

[8En soi hors du champ intersubjectif. Seul un montage multiréférentiel peut le reconnecter à l’épistémè relationnelle.

[9La Rencontre, que nous graphions avec un R majuscule pour la distinguer du sens plus commun, représente une discipline un peu effacée en tant que telle, héritée à la fois de Rogers et de Bill Schutz, fondée sur l’immédiateté du ressenti en situation — avec ce dernier terme Sartre n’est pas loin. C’est par elle que la révolution psychocorporelle pénétrera la dynamique de groupe, en son principe premier uniquement verbale.

[10Titre ne voulant pas dire compétence en matière de psychothérapie relationnelle encore moins multiréférentielle, que seule une école comme la nôtre détient le privilège de transmettre (et certifier).

 

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