CIFP

Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle

Ecole pour la psychothérapie relationnelle et multiréférencielle

I Émergence d’une profession

Deuxième âge

La psychothérapie relationnelle intéresse principalement des personnes d’âge mûr, qu’on pourrait dire du deuxième âge, ayant terminé leurs études depuis longtemps, engagées dans la vie active, ayant entamé ou achevé une démarche personnelle en psychanalyse ou en psychothérapie relationnelle et sachant ce qu’elles veulent. Peu intéressées à apprendre le métier bien différent de psychologue elles ont choisi en connaissance de cause celui de psychothérapeute [1] relationnel. Il peut s’agir de personnes dont le parcours relève de la formation permanente, et à ce titre particulièrement de professionnels des secteurs sociaux, éducatifs, médicaux, psychologiques et psychosociologiques. Peuvent également s’y intéresser des personnes n’exerçant pas vraiment une profession relationnelle, désireuses de se réorienter ou de réaliser tardivement leur projet.

Il peut s’agir de personnes dont le parcours relève de la formation permanente, et à ce titre particulièrement de professionnels des secteurs sociaux, éducatifs, médicaux, psychologiques et psychosociologiques. Peuvent également s’y intéresser des personnes n’exerçant pas vraiment une profession relationnelle, désireuses de se réorienter ou de réaliser tardivement leur projet.

Passeport / Carte d’identité

Cette profession pourrait concerner également des jeunes gens désireux d’en embrasser la carrière, qui s’orientent pour l’instant vers des études en psychologie, fournissant jusqu’à présent un cadre historique et surtout universitaire de référence à une profession autre, remarquable pour son caméléonisme. Lesquelles études de psychologie, dans la majeure partie des cas orientées vers la psychologie scientifique comme elle se dénomme elle même non sans quelque ambiguïté, si elles fournissent un passeport ne fourniront jamais la carte d’identité.

C’est qu’il faudrait normalement, si l’on s’en tenait aux normes de l’EFPA, l’Association européenne des psychologues, y joindre — parallèlement ou postérieurement — une formation du type de celle que décrit la présente brochure, pour quatre années universitaires complémentaires, si l’on voulait en toute rigueur exercer en plus du métier de psychologue celui de psychothérapeute relationnel. Ce dont ne veulent pas entendre parler nos psychologues français. Le corporatisme a ses raisons que la raison, même « scientifique », apparemment ignore.

Double formation à sens unique au détriment des psychothérapeutes relationnels

Comme cela doublerait pratiquement la durée de leurs études, et que les psychologues revendiquent le titre générique de psychothérapeute (il y a tant de façons d’exercer la psychothérapie et de manières selon les lieux !) on conçoit que le dispositif ne se prête pas à l’articulation complémentaire que nous venons de mentionner. Il demeure que les psychologues se voyant sur le point de s’emparer du titre générique de psychothérapeute tentent de se mettre dans la position d’exiger… des psychothérapeutes relationnels qu’ils doublent eux leur formation de celle de psychologue. Dans le moment qu’ils entendent bien dispenser légalement les psychologues d’avoir à entreprendre une démarche dont la psychologie ne saurait comprendre ni le sens ni le bienfondé.

Les institutions historiques responsables que les psychothérapeutes relationnels ont su se donner (auxquelles le Cifp participe) s’occupent du dossier comme vous pouvez l’imaginer, et l’affaire, au moment où vous lisez ceci, n’est toujours pas conclue.

Cumuls

Le fait est que les professions psys depuis toujours sont cumulables [2]. L’habitude sociale s’est installée progressivement d’exercer psychanalyse ou psychothérapie sous casquette diplômée de psychologie ou médecine, mais pas seulement. La psychothérapie relationnelle précisément s’est battue depuis toujours pour courir sous ses propres couleurs. L’affaire n’est toujours pas conclue, quelles que soient les dispositions légales à venir.

En attendant voici la liste rhapsodique de toutes les combinaisons existantes.

Psychiatre-psychanalyste

a) On connaît le cas du psychiatre également psychanalyste. Des seniors maintenant. Depuis de toute façon que la psychiatrie en crise s’en est retournée à la neurologie, pénurie de psychiatres psychanalystes.

Psychiatre-psychothérapeute

b) Un peu avant la mise en route de la loi adoptée depuis lors, les psychiatres s’étaient déjà arrogé la mainmise du titre de psychothérapeute, alors libre, en dépit des protestations des institutions professionnelles concernées, et du fait que ce titre ne correspondait à aucun diplôme délivré en faculté de médecine, et pour cause.

Psychanalyste-psychologue clinicien ou psychologue freudien

c) Les psychanalystes prudents exigèrent de plus en plus des membres de leurs sociétés qu’ils accomplissent le parcours des études en psychologie, pour se mettre en règle avec la société au cas où. Démarche avisée, qui aboutit à exercer la psychanalyse sous parapluie psychologique, avec la caution des études de psychologie clinique (une sousmarque universitaire de psychanalyse).

Psychologue clinicien non psychanalyste

d) Lesquelles études de psychologie clinique de leur côté débouchent sur la production de psychologues ayant suivi des études théoriques de psychanalyse mais pas de psychanalyse personnelle ou si peu, mais qui, forts de leur savoir en psychopathologie [3] (20 % environ du savoir global d’un psychothérapeute de chez nous) s’estiment compétents pour exercer la psychothérapie, probablement puisqu’ils le soutiennent, mais certainement pas la psychothérapie rela- tionnelle. Il suffit de ne rien spécifier pour embrouiller une figure déjà complexe et pécher en eau trouble.

Psychothérapeute relationnel - pas de cumul

e) La psychanalyse en recrutant chez les psychologues réalise une belle opération puisque elle jouit ainsi de la bonne réputation sociale du diplôme universitaire, acquis dans une discipline voisine, bien distincte rappelons-le, et pratique le cumul si bien porté chez les psys. Rien à en redire. Sinon qu’elle a renoncé depuis longtemps à recruter chez les personnes du deuxième âge (moyenne d’entrée dans nos écoles : 39 ans), qui précisément n’envisagent nullement de se former en psychologie pour devenir psychothérapeutes relationnels. Du coup, nos psychothérapeutes relationnels ne sont la plupart du temps que cela, sans cumul particulier.

Fait sociologique français atypique, la psychothérapie relationnelle recrutera, elle, parmi cette population, laquelle jouira du mépris universitaire envers qui n’est pas formé convenablement puisqu’au sein d’écoles que l’université se fait un plaisir — concurrence corporatiste exige — de ne jamais envisager même de reconnaître, fussent-elles pour certaines excellentes : précisément ce serait là que le bât blesserait. D’où l’accusation populiste tournant en boucle, d’autoproclamation.

Psychothérapeute relationnelpsychologue, clinicien ou non

f) les psychothérapeutes relationnels sont parfois psychologues. À leur tour, ils pratiquent le cumul, fièrement, et aiment souvent se démarquer de leurs collègues psychologues qu’ils décrivent comme pataugeant dans une pratique clinique mal fondée et hasardeuse, qu’une certaine arrogance ne protège pas d’une incompétence certaine. Que voulez-vous, chacun dit du mal du voisin.

Psychiatre-psychothérapeute relationnel

g) on connaît également le cas de psychiatres ayant engagé une formation dans nos Écoles, et pratiquant un cumul honnête avec la psychothérapie relationnelle. Même chose pour des médecins.

Médecin généraliste-psychothérapeute

h) le cas des médecins généralistes est encore plus particulier. Ils n’ont évidemment reçu aucune formation à la psychothérapie. Et ne sont ni psychiatres ni neurologues. De nombreux patients les utilisent plus ou moins, de fait, comme confidents psys, il faudrait dire pseudo psys. Ils détiennent le pouvoir d’administrer toute la gamme des médicaments psychotropes, en lieu et place des psychiatres, moins la compétence. Ils vont se voir attribuer par la loi Accoyer le titre générique de psychothérapeute, que le plus souvent ils n’ont pas demandé, sur la foi d’une formation hyper allégée, mais un médecin peut tout faire c’est bien connu. Ainsi le législateur, après avoir légiféré sur les bienfaits de la colonisation à la place des historiens, s’apprête à proclamer du haut de son ignorance en la matière que tout médecin sera psychothérapeute (générique). La médecine française n’en est pas à sa première annexion. On lira avec profit à ce sujet les analyses de Roland Gori sur la médicalisation de l’existence.

Médecin généralistepsychanalyste

i) le cas de figure comparable à celui de psychanalyste-psychologue, son inscription dans une bonne société de psychanalyse atteste de sa qualité et compétence, en principe encadrées (vérifier au cas par cas).

Médecin généraliste - psychothérapeute relationnel

j) la variété existe, ces praticiens se sont formés dans nos écoles.

Psychothérapeute relationnelpsychanalyste

k) le premier terme signifie que le praticien relève d’une institution de la psychothérapie relationnelle, le second qu’il relève d’une société de psychanalyse (cf. médecin psychanalyste) ou d’un système de supervision par un psychanalyste reconnu

Le peuple psy

Le reste

De quoi y perdre son latin ! le reste c’est les fameux autoproclamés chers à l’ire populiste de nos contempteurs. On peut compter des électrons libres de qualité, et que la majorité ne jouit pas d’une garantie collective. Il suffit de s’enquérir. Prenant en compte que la garantie ne garantit pourtant pas le succès de la cure entreprise, fort heureusement, sous la responsabilité de la personne qui entreprend la démarche, pourvu qu’elle soit convenablement informée. Des institutions historiques répondent de ceux qu’elles titularisent [4].

Flou apocopique

On comprend en tout cas que le public s’en tienne à la dénomination apocopique psy. Si on ajoute à la liste les médecins qui ne pratiquent aucun cumul, et les psychologues compétents de façon si limitée, capables de conduire des entretiens de surface mais pas des psychothérapies, que le reste du temps ils se trouvent dans la position de charlatans d’État, on se prend à admirer la retenue de ceux qui préfèrent encore n’y entendre rien.

Profession émergente

On le voit, l’inscription dans l’imaginaire social de la psychothérapie relationnelle demeure marquée du fait qu’il s’agit d’une profession nouvelle, toujours revendiquée par les deux pôles institutionnels décidés à ne pas lâcher la fonction psychothérapeutique sous laquelle ils en exerçaient le ministère jusqu’à présent, médecine et psychologie dite scientifique [5].

Titre protégé, profession incertaine ?

Ainsi la création en cours par la loi du titre générique de psychothérapeute, issu de la montée en puissance sociale de la psychothérapie relationnelle, au bénéfice paradoxal des psychologues et médecins, à leur demande expresse, ne correspond pas légalement à l’institution d’une nouvelle profession. La création du titre générique permet précisément de l’éviter.

Cette argumentation paradoxale est en réalité logique : une profession, non ! un diplôme professionnalisant dans une profession voisine manifeste simplement que ladite nouvelle profession, déjà inscrite dans les faits et pratiques sociales, demeure en cours d’institutionnalisation. Fait courant dans l’histoire, l’autonomie vient avant l’indépendance. Fait toutefois têtu. Nous sommes déjà structurés et inscrits dans l’Histoire pour être devenus incontournables.

À peine des professions, tout à fait des professionnels

Cela dissimule insuffisamment le processus en cours, il s’agit déjà d’un exercice professionnel distinct de celui de psychologue, tout autant de psychiatre, encore plus de médecin, conformément à la représentation que nous en livrons avec la configuration de l’univers psy selon les arcanes du Carré psy [6]. Cela manifeste par contre que la psychothérapie relationnelle comme la psychanalyse, relevant d’une logique de l’intime, constituent des professions cliniques. Décalées mais néanmoins assurément des professions.

Après tout, curé, rabin, imam, moine bouddhiste, etc., sont-ils des professionnels ? Quel métier exercent-ils donc ? Il exercent un ministère. Nos psys relationnels laïcs exerceraient un ministère laïc sous couvert ou non d’une certification professionnelle autre ? Ils pourraient être appelés à garantir leur propre pratique comme ils le font depuis le dernier tiers du siècle dernier, sous une nouvelle appellation propre s’ils se voient confisquer celle de psychothérapeute, qu’ils ont bien honorée tant qu’il en étaient responsables.

Formation pour psychologues

En attendant, il se trouve également que des psychologues décident d’acquérir en formation permanente, à un rythme abordable pour eux, des éléments de pratique psychothérapique relationnelle qui ne leur ont jamais été dispensés. Dans la mesure où notre option demeure multiréférentielle, nous leur conseillerions d’aborder deux disciplines conjointement plutôt qu’une après l’autre. De tels programmes sont en voie de développement au sein de nos équipes.

Prérequis

L’apprentissage de la psychothérapie relationnelle requiert

Culture de base

1 • Une culture de base en sciences humaines, psychologie et psychanalyse, et naturellement dans le domaine particulier de la psychothérapie. Cette culture de base s’acquiert à l’université ou dans des écoles spécialisées mais pas forcément dans le domaine des sciences humaines — et parfois aussi par un travail autodidacte suivi de lectures étayant une expérience de vie riche, éventuellement reprenable à l’université. Il faut savoir toutefois que le principe et la pratique de la validation des acquis de l’expérience est depuis la création de leur titre ouvertement bafoué par les psychologues. Nous indiquons à titre de simple référence un « niveau Licence » à l’entrée en formation et un « niveau Master 2 » à sa conclusion, n’oubliant pas que la question des équivalences a toujours relevé du casse-tête, que nous ne saurions l’aborder dans une logique bureaucratique. Chaque cas reste singulier et à ce sujet seule la rencontre permet de déterminer votre capacité à vous essayer à notre école et les compléments à acquérir, préalablement ou en cours d’études.

Équivalences, expérientialité

Notez que ces indications de niveaux — pour lesquels une fois n’est pas coutume nous avons utilisé des guillemets, ne constituent pas d’équivalences au sens strict, les types de formation dispensée à l’université et dans une École comme la nôtre étant malaisés à comparer sans engager de querelles épistémologiques pouvant tourner au conflit idéologique, voire incommensurables. En effet nos étudiants apprentis se forment et se transforment en même temps, par une logique et une méthodologie où le savoir ontologique l’expérientialité, subsume le principe universitaire standard de rationalité procédurale.

Formation professionnelle spécifique

2 • Une formation professionnelle spécifique, critique, expérientielle et solide s’étalant sur un minimum de cinq années universitaires. L’Université en France, comme elle en convient volontiers, n’offrant aucune formation de ce type, ni ne pouvant ou voulant y prétendre, la formation professionnelle est dispensée par des instituts privés. Ce qui la rend onéreuse [7] mais indépendante et créative. Elle peut se financer par des organismes de formation permanente, ou des emprunts individuels. Un fonds national pour la psychothérapie relationnelle qui délivrerait des bourses n’existe pas, mais reste à créer et serait bien utile.

Agréments, savoir faire être

La qualité de la formation proposée, en ce qui concerne le CIFP, se trouve garantie par l’agrément du SNPPsy et de l’AFFOP, et l’affiliation à l’AEIP [8] via la FFRAPIM [9]. Nous délivrons donc, comme l’ensemble des écoles de notre profession, un diplôme privé, privé de toute légitimité universitaire [10], ne donnant accès à aucun poste dans la fonction hospitalière. Mais non privé de ce qui fait sa valeur irremplaçable. Le diplôme atteste de savoir faire être de son titulaire. lequel pour valoir socioprofessio-elle-t devra se voir confirmer par une reconnaissance de ses pairs [11].

Travail approfondi et réussi sur soi

3 • Un travail approfondi et réussi sur soi de même nature que celui par lequel on se propose par la suite d’accompagner autrui. Ce trait nous distingue de bien des psychothérapies pratiquées par des universitaires. La démarche personnelle, de travail sur soi indépendante, engagée dès avant le début de la formation se poursuit tout au long de celle-ci. Durant certaines phases son régime peut avoir intérêt à s’intensifier.

[1] La loi réservant le titre de psychothérapeute aux psychologues, médecins et psychanalystes qui en feraient la demande n’est pas encore applicable. On ignore ce que le décret d’application stipulera s’il est édité. Si elle vient à barrer notre route au moment où elle la croise, il faudra dire psychopraticien relationnel. Nous n’en sommes pas là.

[2] On comprend que le public, égaré dans ce labyrinthe, ait retranché tous les suffixes et simplifié la combinatoire complexe en créant le mot psy pour désigner l’ensemble des locataires du Carré psy, y compris dans leur activité cumulée « interpsy » : les psys, mon psy, peuvent loger n’importe où et pratiquer plusieurs disciplines, ils sont d’abord psys, puis psy quelque chose si ça leur chante, et ça n’est pas toujours clair. Psyquoi au juste ? La bataille intense autour du titre générique de psychothérapeute de ce point de vue ne représente qu’une tempête dans un verre d’eau. Le bon psy c’est le mien, quelle que soit sa déclinaison personnelle du terme. Le cas de figure inverse existe aussi dans l’esprit du même public : ne me parlez plus des psymachins officiels, je n’en veux plus, je suis tellement contente maintenant de mon psy chose (on ne peut pas écrire de mon psychose, quoique rigoureusement psychose soit féminin), de mon psy autre chose.

[3] On ajoute clinique, ça fait plus chic, et surtout pour les membres du sérail, plus psychanalytique d’aspect.

[4] À la limite, si une organisation couvre de sa caution solidaire des éléments douteux qu’elle ne condamnerait pas à tort, c’est sur elle que rejaillirait la honte. Pourquoi ne pas se retourner légalement contre elle ?

[5] Au sein de laquelle une petite entité dénommée psychologie clinique. Tous ces termes se retrouvent définis en réseau d’hyperliens sur notre site.

[6] http://www.cifpr.fr/-Dossier-le-car...

[7] Un étudiant français coûte à l’État actuellement 9000 euros / an. Nos écoles sont en deça.

[8] Association européenne de psychothérapie intégrative.

[9] Fédération française de psychothérapie intégrative et multiréférentielle.

[10] Certaines écoles ont adopté la forme de Facultés universitaires libres. Leurs diplômes n’en deviennent pas universitaires pour autant.

[11] C’est le cinquième critère du SNPPSY

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