CIFP

Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle

Ecole pour la psychothérapie relationnelle et multiréférencielle

Par la voie académique + cursus dans une école généraliste (de type CIFP)

a) EN PSYCHOLOGIE

Pour des jeunes gens qui entreprennent leurs études et découvrent que la psychologie universitaire est incapable de former à la psychothérapie relationnelle. Ce dont soit dit entre nous ses professeurs d’inspiration cognitiviste conviennent volontiers, qui proposent de substituer des psychopathologues aux psychothérapeutes relationnels dans un but corporatiste, avec des visées idéologiques comportementalistes passablement réductrices et rétrécissantes, directement opposées au projet humaniste qui est le nôtre.

Dans ce cas de figure les jeunes gens en question auront du pain sur la planche. Il leur faudra suivre

• leurs études en psychologie (parfois par correspondance)

• une psychothérapie ou psychanalyse personnelle

• un cursus dans une École comme la nôtre.

Cela nécessite une bonne organisation. Les alea de la législation en cours pourraient à l’avenir les dispenser d’une partie du cursus universitaire, ce qui allégerait leur formation, mais rien n’est joué pour l’instant.

Il demeure par ailleurs, que les étudiants en psychologie sont actuellement confrontés à une crise. Nombreux sont ceux qui ne pourront pas aller jusqu’au DESS, ou Doctorat 2 (600 par an pour toute la France), et qui n’auront rien dans les mains au sortir de leurs études. Reste la perspective de devenir psychothérapeutes relationnels, en faisant ce qu’il faut pour cela, ce à quoi un nombre important d’entre eux aspirait réellement depuis le début, ça tombe bien.

Ce métier est difficile d’accès. En un sens, tant mieux. C’est qu’il s’agit de rien moins que se trouver dépositaire, témoin interactif du problème de vie de personnes souvent en période de crise, souvent pour une longue durée (comptée en années). Ça n’est pas un diplôme académique confirmant un savoir théorique agrémenté d’un passage stagiaire dans un lieu de soin, même compensé par une démarche personnelle — c’est mieux mais il en manque un gros bout, le passage par nos Écoles, qui produira la compétence requise.

Les psychologues le savent, plus ou moins clairement. La plate-forme que viennent de rendre publique cinq organisations nationales de psychologues (moins le SIUEERPP dirigé par Roland Gori, qui gère l’essentiel de la Psychologie clinique où la psychanalyse a toute sa part), réclame la psychothérapie (au sens générique du terme, bien entendu) pour les psychologues, en admettant pour finir qu’il faudrait un minimum de trois années de formation spécialisante pour qu’ils deviennent véritablement psychothérapeutes. Au sens générique toujours, bien entendu. Ce qui fait cinq ans pour les relationnels, nous sommes bien d’accord. Là où se manifeste le désaccord, c’est que cinq ans, c’est la durée standard d’une formation professionnalisante. Il faut donc que cela reste une spécialisation pour que la psychothérapie relationnelle ne soit jamais considérée comme une profession à part entière, vive le corporatisme ma mère, je parle de l’alma mater, CQFD.

En attendant, ceux qui tentent malencontreusement l’aventure de se lancer sans la capacité dans la carrière se rendent rapidement compte de l’étendue du désastre. Ceux qui ne s’en rendent même pas compte sont dangereux, pour les autres et pour eux-mêmes.

b) EN MÉDECINE

Pareil, voire pire, pour les médecins, propulsés psychiatres de fait sans études en psychiatrie (quatre ans !), démarchés par les visiteurs médicaux leur vantant les produits miracles susceptibles de calmer les plus désaxés à coups de gélules, innocents de la relation car ils confondent consultation et séance, leur incompétence peut devenir incommensurable, compensée institutionnellement seulement par une prétention corporatiste à la toute puissance parfois vertigineuse.

C’est ainsi qu’un homme politique ORL incompétent dans le domaine de la psychothérapie, ce qu’en soi on ne saurait lui reprocher, s’étant associé à un psychiatre bien particulier mais collègue de sa circonscription, s’est lancé dans l’extrémisme un peu fou de convaincre la représentation nationale qu’il fallait confier au plus vite la psychothérapie au sens générique (il ne sait pas faire le détail avec la psychothérapie relationnelle, multiréférentielle n’en parlons pas) aux seuls médecins et psychologues — salut la corporation ! certains psychanalystes dont il attendait les bonnes grâces avant que ses amis n’entreprennent de les liquider, ayant négocié dans ce plan une place d’exception.

Quelle que soit l’issue légale de cette aventure populiste engagée auprès d’une Assemblée nationale comportant de nombreux médecins, les médecins ne s’en trouveront pas pour autant qualifiés, même dans le meilleur des cas à l’issue de quelques stages aux Caraïbes offerts par les laboratoires Untel, ou au mieux par une seule année (c’est toujours mieux que rien, mais pas tellement mieux) d’une exceptionnelle formation accélérée au titre d’un DU. Comme les psychologues, rien ne les dispensera de passer par nos Écoles s’ils prétendent à notre métier. Sinon, ils n’auront au mieux que la compétence d’un infirmier psychiatrique et bonjour les dégâts.

 
  • 24 janvier 2008

    J’ai 21 ans et je suis en licence de psycho à Montpellier. je viens souvent sur votre site et ce que j’y trouve m’apaise, me redonne confiance, me parait fondé, intelligent et guidé par le bon sens, faculté également partagée par tous les hommes, disait Descartes.

    Cependant, une jeune comme moi ne finira t elle pas par opter pour la voie universitaire, à la lecture des recommandations de formation faite pour un étudiant en psychologie ? Maintenir sa formation, à distance s’il le faut, s’inscrire au CIFP, puis suivre soi meme une thérapie.

    Au risque de paraitre déplaisante, le montant de la formation sur 7 ans est extrêmement élevé, la formation sera sans aucun doute de qualité, et réellement à la hauteur de ce qu’on peut attendre ensuite d’un psychothérapeute relationnel en exercice. Cependant le diplome reste inexistant, je suis embêtée à l’idée que 7 ans d’étude qui singifient dans mon cas un sacrifice financier considérable, ne délivrent pas de diplome pour une profession non reconnue à ce jour. Je doute que dans mon cas cette dernière donnée ne soit pas dissuasive.

    Je partage vraiment votre positionnement, j’ai moi meme suivi une thérapie en gestalt de deux ans qui était nourrie par les valeurs relationnelles, humanistes, multiréférentielles, existentielles. Mon projet est de devenir plus tard psychothérapeute et je pense que la psychothérapie sera relationnelle ou ne sera pas.

    Je réalise que la formation demande, peut etre, une certaine situation financière. A ces conditions, je n’ai pas les moyens de continuer ma formation en psycho, de poursuivre ma thérapie (200 euros par mois), de payer les frais de scolarité (s’il s’agit bien de plus de 500 euros par mois, augmentant ensuite si je ne m’abuse), ce qui fait au départ 700 euros pour une étudiante comme moi qui suis boursière à l’échelon le plus élevée - je perçois 350 euros par mois grace à ma bourse - je ne peux pas me permettre de suivre votre formation, dont je crois cependant qu’elle me correspondrait.

    Je trouve dépersonnalisant et dangereux le discours psycho-médical neurobio, statistico-chiffré, l’aspect hygiénique d’une santé mentale scientifiquement prouvée. Il m’afflige et exacerbe mes réactions instinctives primaires. Et les formations PNL avec stages d’ennéagramme et tarot à la clé dans des instituts de psychothérapie X promettant la certification en 3-4 ans ne remportent pas non plus mon adhésion.

    Etant donné le cout régulier d’une thérapie, je ne vois pas comment une jeune étudiante comme moi, qui n’a pas encore de revenu par définition, peut accéder à cette formation de manière réaliste, et a fortiori à la profession de psychothérapeute relationnelle telle que vous l’énoncez.

    Dois je attendre que l’amère désillusion me tombe dessus : celle du seuil fatidique d’un Master 2 de psycho ultra sélectif avec une spécialité qui sera forcément loin de la psychothérapie relationnelle ?

    Dois je attendre "l’age de reconversion" pour pouvoir disposer du capital financier nécessaire à cette formation en psychothérapie relationnelle que je trouve sensée ?

    Est ce que je dois alors en conclure que cette formation devient nécessairement élitiste, s’affichant pourtant comme humaniste ?

    PS : Je suis consciente d’être polémique, mais c’est à dessein, et puis la polémique aiguise la formulation des pensées.

     
    • 26 janvier 2008, par Philippe Grauer

      Votre lettre nomme de vrais problèmes, auxquels on peut imaginer quelques solutions. Je compte vous répondre au cours de la semaine prochaine car je suis hyperactif dans les jours qui viennent. Merci d’avoir écrit ce texte, et de bien vouloir patienter quelques jours.
      PHG

      • 28 janvier 2008

        Merci pour votre réponse dont j’attends la suite avec impatience.

    • 7 février 2008, par Philippe Grauer

      À votre âge il faut bien entreprendre des études. alors pourquoi pas psycho ?

      1) il faut vous enquérir d’un lieu universitaire où ce qu’on appelle la psychologie clinique (version universitaire d’une formation comportant la théorie psychanalytique, seulement la théorie, la psychanalyse comme pratique ne s’enseigne pas) tant qu’à faire est présente, ce qui a tendance à devenir de plus en plus problématique.

      2) poursuivre votre psychothérapie personnelle, l’approfondir (oui c’est coûteux)

      3) passer nous voir pour déterminer ensemble une stratégie à long terme et examiner comment vous pouvez bénéficier de certains stages à vil prix, ce serait toujours ça de pris

      4) à cette occasion, nous rencontrer et évoquer comment si on ne lâche pas son désir on peut finir par l’accomplir. Là c’est dans la dimension de la rencontre que peut se débattre la question de la réalisation de votre projet. Il n’y a aucune raison de l’abandonner — sous aucun prétexte.

      Bien cordialement.

    • 18 septembre 2008, par Philippe Grauer

      Je reviens sur ce dialogue ancien. Vous pouvez vous préparer lentement à une formation comme la nôtre durant vos études universitaires, faute de mieux, d’un mieux qui tarde à venir dans le désert de la conjoncture politico-économique que nous traversons.

      Cela consiste à entamer un travail personnel, ce qui de toute façon vous avancera. L’inconvénient c’est que cela aussi est onéreux. Certains y parviennent, certains autres (les psys) les y aidant par des tarifs "humanistes" comme vous dites. Au Cifp nous intégrons ainsi parfois des étudiants à tarifs éponymes à certains de nos séminaires cliniques.

      Nous n’avons pas le pouvoir d’influer directement et mécaniquement sur l’injustice sociale et d’empêcher ce que vous nommez l’aristocratisme. Vous n’aurez pas ce pouvoir non plus quand vous serez psychologue, il faudra bien faire quelque chose de cette souffrance pour vous-même. Cela en conduit certains à militer quelque part.

      Il appartient à notre métier de ne sombrer ni dans le désespoir ni dans un illusoire sentiment de toute puissance. C’est entre autre par un lent et long travail sur soi qu’on accède à un début de position juste dans ce domaine comme dans d’autres. Adjoints à la psychothérapie relationnelle nous avons institué des séminaires de philosophie, ça n’est pas tout à fait pour rien.

      Si vous désirez vous entretenir plus avant de tout cela, prenez rendez-vous. C’est gratuit de toute façon ! un premier pas peut vous aider à vous engager sur la bonne voie pour vous, que vous déterminerez vous seule, à l’issue d’un dialogue.

      Merci d’avoir écrit cette belle lettre. Comme vous voyez elle reste en place, comme nécessaire témoignage et analyse. N’oublions pas la belle devise du duc d’Orange selon laquelle il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. La jeunesse comporte cette force qui soulèvera les montagnes pourvu qu’elle ne perde pas courage et ne se replie pas dans l’isolement et une désespérance non tempérée par l’irrésistible force en soi de vivre une juste vie. Voyez Tillich. Me voici à prêcher, ça ne coûte rien et ça peut vous perdre. Demeurez dans l’élan de votre désir, cela lui donnera d’autant plus de chances de surfer sur la houle dès qu’elle se présentera.

      Bien cordialement à vous. PHG

  • 4 avril 2007

    Le débat sur le titre de psychothérapeute est passionnant et primordiale.
    Mais il est dommage de mettre en avant une imcompétence des psychologues et des médecins pour défendre le statut de thérapeute.
    J’aurais trouvé plus constructif d’expliquer la spécificité de ces derniers, et ce qu’ils peuvent apporter.
    Nous restons dans un flou peu convaicant.

     
    • 31 août 2007, par Philippe Grauer

      À la rubrique Carré psy les quatre professions locataires dudit Carré sont listées avec leurs types de prestation et méthodologies respectives.

      L’objectif du présent article n’est pas de disqualifier des collègues dont le travail et les méthodes sont parfaitement honorables, légitimes et indispensables, mais de lutter contre les supercheries institutionnelles, par lesquelles plus ou moins légalement, une profession s’efforce parfois d’exercer sur le terrain d’une autre, en toute incompétence et arrogance corporatiste éventuellement.

      Prenons garde à la confusion des places, comme diraient les Legendre. Nous soutenons le statut de psychothérapeute relationnel, et non le titre générique de psychothérapeute, par la grâce duquel les quatre locataires du Carré psy pourraient se réclamer d’une pratique qui n’est pas la leur. Après tout les psychothérapeutes relationnels ne se prétendent ni médecins ni psychologues. Pourquoi l’inverse serait-il envisageable ?

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