Plus de 20 ans de psychothérapie multiréférentielle
Le Cifp fut l’un des tout premiers en France [1] à former des psychothérapeutes "polytechniciens" intégrés, capables à la fois d’offrir aux personnes venant les consulter un éventail équilibré de pratiques, méthodes et théories relevant de la psychothérapie relationnelle dans sa diversité, ménageant sa place à l’influence psychanalytique, sans conférer de prime abord à une discipline particulière une position prééminente, un statut a priori hégémonique. Il y a vingt deux ans la psychothérapie multiréférentielle naissait, dans un premier temps sous le nom d’interdisciplinaire.
Un demi-siècle de psychothérapie relationnelle
La situation de la psychothérapie dans son ensemble, au sens générique du terme, a évolué depuis notre dernière édition, dans laquelle nous décrivions sans le nommer le Carré psy dont nous étions en train d’affiner le concept. Nous ne nommions pas non plus la psychothérapie relationnelle, laquelle se distingue à présent clairement des psychothérapies qui se pratiquent à l’enseigne des autres grandes disciplines constituant le Carré en question, psychiatrie et psychologie d’une part, psychanalyse et psychothérapie relationnelle de l’autre. Au sein de laquelle la psychothérapie dite intégrative, et celle que nous préférons nommer multiréférentielle.
Évolution historique
Tout cela est complexe mais si vous désirez vous informer et un jour vous former à cette discipline, vous ne pourrez pas vous épargner de savoir lire la carte du territoire psy avec boussole et vue satellite. De même que vous ne pourrez faire l’économie de l’Histoire, ancienne et récente, qui raconte et permet de comprendre comment depuis la psychiatrie et la psychologie, disciplines universitaires fascinées par la psychanalyse qui exerça son hégémonie sur elles durant un demi-siècle, constituant un étonnant trio institutionnel, la situation a évolué vers la quadrature actuelle. [2]
Bousculade institutionnelle
Vous y verrez comment la psychologie humaniste américaine, devenue Growth Movement puis Mouvement du potentiel humain puis enfin psychothérapie relationnelle, est venue bousculer et enrichir le paradigme institutionnel et scientifique au moment même où la psychiatrie déclinait et où la psychanalyse perdait sans le savoir encore sa position de toute puissance, de domination idéologique, assise de travers puisqu’elle n’était jamais devenue une discipline universitaire au sens plein du terme.
La psychanalyse hébergée en psychologie
Cette dernière, imprudemment, s’était contentée de se faire héberger chez les psychologues. Elle n’avait pas distingué qu’elle risquait ainsi de se voir déloger au gré de l’évolution de la psychologie et de l’ensemble de la mouvante sensibilité psy et des mentalités, idéologiques et scientifiques. On peut comprendre que c’était difficile à discerner, en période de montée en puissance dans les années 50-70, et que les psychanalystes en leurs institutions avaient pu penser absorber la psychologie, en tout cas la pénétrer si l’on peut dire, définitivement. Le phallus étant ce qu’il est, l’actuelle débandade n’est pas si surprenante.
Le Carré psy reconfigure le paysage
Bref, reconfiguré, le paysage psy revêt la forme d’un carré, dont chaque côté figure une discipline majeure, avec cette distinction que deux d’entre elles ne sont pas universitaires, même si l’une, la psychanalyse, occupe quelques sièges de professeurs à l’université, vestiges de sa gloire passée, et que l’autre, la psychothérapie relationnelle, n’en occupe presque plus, sur le peu dont elle avait disposé un moment.
Les deux disciplines du procès de subjectivation et leurs écoles
Rien d’inquiétant dans cette situation, plutôt significative. Les deux disciplines qui s’occupent de la relation et du processus par lequel on devient sujet de sa propre histoire, nécessitent une formation spécifique, à fort coefficient d’expérimentation existentielle conjointe à une psychothérapie relationnelle ou une psychanalyse individuelle de longue durée, et ce genre de cursus l’université française est incapable de le produire et conduire. Il y faut un savoir faire et une mentalité particuliers, que seules dans notre pays les écoles et sociétés-écoles spécialisées détiennent, et les deux disciplines en tant qu’institutions sont à même d’agréer leurs bons instituts et de réguler le flux des psychanalystes et psychothérapeutes relationnels qui en sortent.
Une psychothérapie de la complexité
La psychothérapie relationnelle se décline selon quelques grands axes, définissant les domaines existentiel, groupal, psychocorporel, transpersonnel, enfin le multiréférentiel et l’intégratif. Dans chacun de ces champs, de multiples écoles et sous-écoles se proposent, chacune ayant tendance à ne voir midi qu’à sa porte. On peut, dans une perspective unimodale ne se former que dans une, et, trop souvent confiné confit dans son bon jus, y rester toute sa vie, persuadé d’elle, ou élargir son horizon avec l’âge et la sagesse. On peut aussi commencer large pour se fixer en fin de compte sur une discipline élue après avoir commencé par goûter aux autres, les voyages forment la jeunesse. On peut encore préférer commencer multimodal et rester ouvert, multiple et complexe. La discipline multiréférentielle a probablement un bel avenir devant elle, face à un monde de plus en plus éclaté, pour lequel une méthodologie prenant en compte la complexité risque de se révéler fertile. Sinon indispensable.
Quatre disciplines majeures en bouquet plus deux
La psychothérapie multiréférentielle que nous proposons comprend quatre disciplines (ce qui rend compte du fait que nous avons commencé par nous intituler interdisciplinaires) plus deux.
Ces disciplines sont d’une part les trois subdisciplines de la PSYCHOTHÉRAPIE RELATIONNELLE
1 — le groupe psychothérapique
2 — le psychocorporel, constitué de la bioénergie, de la dynamique du souffle, du travail à médiation en piscine d’ean chaude
3 — la gestalt-thérapie
4 — d’autre part la PSYCHANALYSE
Ce qui situe la psychothérapie multiréférentielle en interface, toujours du côté du procès de subjectivation — et à proximité de la psychanalyse multiréférentielle ou intégrative).
5 — Le cinquième élément, la philosophie, permet à l’occasion de cheminer d’une discipline à l’autre, ce qui n’est ni inutile ni désagréable.
6 — Sixième composante, la psychopathologie, se répartit selon deux secteurs
6. a) dans le cadre de chaque discipline
6. b) à titre de psychopathologie générale puis approfondie, dans un secteur propre.
Faire face aux enjeux du XXIème siècle
Le Cifp, depuis l’Affop auquel il appartient à titre de membre fondateur et dont il est agréé, la Fédération française de psychothérapie intégrative et multiréférentielle — Ffrapim, également membre de l’Affop [3] , et le Snppsy dont il est également agréé, a pris sa part dans le débat de ces dernières années pour soutenir, promouvoir et faire reconnaître la psychothérapie relationnelle et en son sein la multiréférentielle. L’affaire fut rude mais les issues sont d’ores et déjà positives. Si vous décidez de fréquenter ses activités, vous participerez au mouvement pour l’humanisme en psychothérapie et l’accès à la complexité qui ouvre à la créativité dans la rigueur. Bienvenue à cette aventure qui orientera dans le domaine des sciences humaines cliniques le devenir de ce siècle qui devra se donner les outils nécessaires à la mutation du managérisme vers la société de demain. La psychothérapie relationnelle multiréférentielle représente l’un de ces outils.
À vous de participer à l’aventure en professionnels
À vous de voir si le cœur vous en dit de vous engager comme acteurs dûment professionnalisés à participer à l’évolution psycho-sociale et des mentalités en cours pour qu’elle comporte sa proportion incompressible d’humanité et citoyenneté, de sur mesure pour tout dire, pour éviter la catastrophe de l’administration standardisée des âmes par la "mesure industrielle" scientiste du tout biomédical étatisé, les ratios et les protocoles, et si notre école vous semble un bon moyen d’y parvenir.
