CIFP

Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle

Ecole pour la psychothérapie relationnelle et multiréférencielle

Psychiatrie

Philippe Grauer

PSYCHIATRIE — maladie, prescription

domaine : maladie mentale, santé mentale

guérison : vise la guérison, sinon la stabilisation médicamenteuse en cas d’affection mentale chronique

types d’intervention : soin ponctuel, à répétition, de type longue maladie. Devrait le plus souvent (toujours ?) requérir le complément d’une psychothérapie relationnelle ou psychanalytique.

symptôme  : suppression ou réduction du symptôme

soin : acte de soin, administré ; prise en compte de l’objet maladie, répondre à chaque demande de soin par une ordonnance, le plus souvent une prescription médicamenteuse, censée améliorer les symptômes dont se plaint le patient.

durée : variable ; consultation généralement brève.

hypothèse de l’inconscient : néant.

transfert : pas pris en compte, transfert du maître.

intersubjectivité : néant.

émotion : régulation de l’humeur

appellation : médecine scientifique

savoir sur soi : le praticien sait (se doit de savoir), le consultant ignore

rapport au corps : a) anamnèse, sémiologie, diagnostic et traitement.

b) établir la différence entre symptômes psychiques provenant d’une affection somatique et ceux liés à un trouble psychique. Corps objet, considéré objectivement.

dialogue : expert-ignorant, sujet-objet. Délibération (conseil) sur le traitement, colloque médecin malade (conseil = aide de l’expert à la délibération de son patient sur son problème). Cf. l’article Soin.

diagnostic : privilège méthodologique et légal de la médecine. Cf. expertise médicale.

psychopathologie : DSM, appauvrissement considérable par épuration du point de vue psychodynamique.

formation :

a) universitaire, scientifique. Démarche scientifique à partir d’un savoir universitaire dûment entériné par l’Académie de médecine : anamnèse, sémiologie, diagnostic et traitement.

b) formation continue : information constante de tous les moyens scientifiques et de toutes les connaissances dûment expérimentées qui peuvent améliorer l’état de ses patients.

éthique : serment d’Hippocrate et Code de santé publique.

inscription : à l’Ordre des médecins.

pratique :

a) hospitalière, libérale ;

b) opère le plus souvent en Secteur 1 — consultations remboursées par la sécurité sociale.

statut juridique : peut être poursuivi et doit pouvoir répondre de ses actes devant ses pairs au sein du Conseil de l’Ordre des médecins ou devant une cour de justice.

rôle d’expertise médicale : dire qui est fou et qui ne l’est pas [1].

b) requête d’office par les autorités de tutelle pour intervenir auprès de toute personne dont les troubles psychiques perturbent l’ordre public.

c) signature de l’internement d’office dans un établissement psychiatrique (avec co-signature d’un autre médecin ou d’une autorité de tutelle, préfet, commissaire de police)

d) signature des HDT, Hospitalisation à la demande d’un tiers (ne pas oublier cependant qu’à l’heure actuelle la difficulté n’est plus tant dans l’internement hospitalier, que dans l’externement : la plupart des schizophrènes sont à la rue (une autre partie en prison).

Note de juillet 2010. La loi sur les soins à apporter sans consentement jusqu’à domicile a modifié les données fondamentales du champ d’application de la psychiatrie. Cf. à ce sujet les 39.

pratiques sectaires : hors du domaine.

drogues : prescription de médicaments susceptibles dans le cas de psychotropes [2]de se voir détourner en pratiques d’assuétude contrariant l’indication de psychothérapie relationnelle ou de psychanalyse complémentaire.


Voir aussi Vies de fou, Michael Randolph.

février 2011 – Une littérature surabondante est venue enrichir la question de la crise de la psychiatrie depuis quelques années, nécessitant une profonde reprise de la grille du présent article. En attendant la réalisation de ce travail, consulter l’item Collectif des 39, et composer psychiatrie à la fenêtre rechercher.


TEXTES

Voir

 Psychiatrie relationnelle.

 Nuit sécuritaire.

 L’Appel des appels

 Hospitalisation sans consentement

 Hospitalisation et soins sans consentement

 Article de Télérama "Une loi délirante" sur Saint-Martin de Vignogoules, la psychothérapie institutionnelle et la situation actuelle de la psychiatrie face à sa sécuritarisation gestionnaire.

[1]

La prise en charge de la santé mentale varie considérablement au sein des 42 États européens membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Un rapport de l’institution onusienne vient de fournir sur ce thème des données inédites. On y apprend notamment que la densité de psychiatres en exercice varie considérablement avec des extrêmes allant de 30 et 26 pour 100 000 habitants (respectivement en Suisse et en Finlande) à 3 en Albanie et 1 en Turquie. La Suisse et la Finlande sont-elles plus touchées par les maladies mentales ? La Turquie et l’Albanie ne peuvent-elles prendre en charge les pathologies psychiatriques selon le mode qui prévaut ailleurs en Europe ? Le rapport ne le dit pas.

Il explique cependant que les taux d’hospitalisation pour des raisons psychiatriques varient dans une fourchette allant de 1 à 13. Les pourcentages les plus élevés s’observent en Roumanie, en Hongrie et en Estonie, ainsi qu’en Allemagne et en Suède. Il apparaît enfin que le taux moyen de prévalence du suicide est de 15,1 pour 100 000 habitants. Le rapport ne fournit curieusement que peu de données sur la prescription de psychotropes, plus de la moitié des pays ayant fait savoir qu’ils ne possédaient aucune information sur ce thème.

J.-Y. N. — Le Monde jeudi 23 oct 2008.

[2] On distingue 3 classes de substances psychotropes :

 les psycholeptiques (sédatifs psychiques)

 les psychoanaleptiques (stimulants psychiques)

 les psychodysleptiques ou "drogues" — agents perturbateurs de l’activité mentale.

Seuls les psychoanaleptiques et les psycholeptiques sont utilisés en thérapeutique.

 

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